ANI>REA
Ah ! monsieur, vous touchez là la corde sensible.
MONTE CR1STO
Entendez-vous, major ?
LE MAJOR
Sans doute que je l'entends.
MONTE-CRISTO
Eh bien?
LE MAJOR
Que voulez- vous que j'y fasse?
MONTE-CRISTO
Que vous lui donniez de l'argent, pardieu !
LE MAJOR
Moi?
MONTE-CRISTO
Oui, vous. (Il passe entre eux deux.) Tenez, comte.
(Il donne des billets à Andréa.)
Qu'est-ce que cela?
MONTE-CRISTO
La réponse de votre père. Il me charge de vous remettre cela.
ANDREA
Ah ! cher père !
MONTE-CRISTO
Silence ! Vous voyez bien qu'il ne veut pas que vous sachiez que la chose vient de lui.
ANDREA
J'apprécie cette délicates
MONTE-CRISTO
C'est bien. Allez, maintenant.
ANDREA
Et quand aurons-nous l'honneur de vous revoir?
LE MAJOR
Ah! oui, et quand aurons-nom cet honneur?
MONTE-CRISTO
-D'aujourd'hui en huit jours, si vous voulez. D'aujourd'hui en huit, je donne à dtner, ici, à M. Danglars, an banquier...
LE MAJOR
Un banquier? Ah ! diable !
A M. de Villefort, un magistrat illustre.
AMUIEA.
Un magistrat? Diable!
YILLEFORT 165
LE MAJOR
Alors, grande tenue?
MONTE-CRISTO
Grande tenue : uniforme, brochette, culottes courtes.
ANDREA
Et moi ?
MONTE-CRISTO
Oh! vous, très-simplement : pantalon noir, hottes vernies, gilet blanc, habit noir. Moins vous afficherez de prétention dans votre mise, étant riche comme vous l'êtes, mieux cela vaudra. Si vous achetez des chevaux, prenez-les chez Devcdeux; si vous achetez une voiture, prenez-la chez Baptistin. Pas trop de diamants; un solitaire de deux à trois mille francs au petit doigt, c'est tout ce que je vous permets.
ANDREA
C'est bien, monsieur le comte. Et à quelle heure pourronsnous nous présenter ?
MONTE-CRISTO
Mais à six heures et demie.
LE MAJOR
C'est bien; on y sera, monsieur le comte. Venez, mon cher fils.
Venez, mon cher père.
(Ils sortent en se tenant par-dessous le bras.)