‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 3)Chapitre 85 sur 129 · M1L1LN · texte numérisé non relu

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is en Angleterre, en Amérique; nous attendrons que les obstacle t aplanis.

Non.

Vous refusez

Que diriez- vous si quelqu'un donnait à votre sœur le conseil que vous me donnez ?

Vous avez raison, j'étais un fou, pardonnez-moi.

(Il s'éloigne.) VALENTINE.

Qu'allez-vous faire?

Vous souhaiter tant de bonheur, que vous n'ayez pas n;ème un regret de moi, et étouffer jusqu'au souvenir d'un amour que vous ne partagez pas. Adieu !

Je ne l'aime pas !

Adieu !

Où allez-vous ? pourquoi me quittez-vous?

MAXIMILIEN , revenant.

Avez-vous changé de résolution ?

Vous savez bien que je ne le peux pas !

Adieu, donc!...

Oh! vous ne partirez pas ainsi. Je lis d'affreux projets dans votre regard.

Ne craignez rien. Je ne m'en prendrai pas à M. d'Épinay. Est-il coupable, lui? Non.

C'est donc moi qui le suis ? c'eet donc à moi que vous en voulez?

Celle qu'on aime est sacrée ! on ne s'en prend pas à elle, Valentine.

Alors, c'est à vous?„.

Sans doute.

Maximilien !...

Qu'ai-je fait? J'avais attendu, j'avais espéré; M. d'Épinay pouvait se dédire, il pouvait mourir en voyage. Vous pouviez, s'il revenait, vous résoudre à faire ce que je vous ai proposé. Il revient, vous l'acceptez pour époux...

VALENTIXE.

Je l'accepte!... oh!...

Assurément... Eh bien, je n'ai plus rien à faire dans ce monde, moi; rien ne m'y retenait que vous; je vous perds, c'est fini.

Vous allez... ?

Je vais écrire à ma sœur, à mon beau-frère, les deux seuls amis que j'aie; et, demain, quand vous serez fiancée à M. d'Épinay, au coin de quelque bois, sur le revers de quelque fossé, au bord de quelque rivière, aussi vrai que je suis Le fils du plus honnête homme de France, je me ferai sauter la cervelle. Adieu, Valentine !

Ah ! par pitié, par pitié, vivez !

Non !

Je vous en prie ! je vous en prie ! je vous en prie!

Non !

Mon ami! mon frère! mon amant! sois courageux! subis la douleur sur la terre, noua serons réunis au ciel.

Adieu !...

VALLNTINL.

Mon Dieu! vous le voyez, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour garder l'honneur et le respect de mes parents, j'ai résisté, j'ai prié, j'ai imploré à genoux !... Mon Dieu ! je vous atteste qu'il a douté de mon courage et de mon amour et -pie j';ii pers mais je ne puis le laisser mourir, n'est-ce pas, mou i

ce serait un crime ! Vous voulez bien que je meure de honte, vous ne voulez pas que je meure de mes remords ! Je cède ; vivez Maximilien, je ne serai pas à M. d'Épinay, je serai à vous, je vous suivrai... A quelle heure? à quel moment? est-ce tout de suite? Parlez, ordonnez! me voici, je suis prête.

Oh ! si c'est avec ces larmes, avec ce désespoir que vous me dites de vivre, Valentine, si vous m'épargnez par humanité, laissez-moi, laissez-moi, j'aime mieux mourir.

Au fait, qui est-ce qui m'aime sur la terre? Lui ! Qui m'a consolée de toutes mes douleurs? Lui ! Sur qui reposent mes seules espérances? Sur lui ! Oh ! tu as raison à ton tour, Maximilieu; pour toi, je quitterai la maison paternelle; pour toi, je quitterai ma bonne mère; tout, tout... (Pleurant.) Ma bonne grand'mère...Oh! ingrate que je suis !...

(Elle sanglote.) MAXIMILIEN.

Chère ! chère Valentine !

Écoute! l'amour m'a persuadée, je ne lutterai plus; mais j'ai toute ma raison, écoute.

Parle ! parle !

Un dernier effort pour garder notre honneur à tous deux... Ma grand'mère va venir, je vais me jeter à ses pieds, je vais tout lui dire; elle m'aime tanr, elle pardonnera, elle me défendra, peut-être ! Je suis son héritière; elle est riche, et mon père tient beaucoup à ne pas lui déplaire; qui sait? Peutêtre obtiendra-t-elle pour moi...

Oh ! Valentine, si elle refuse, si elle n'obtient rien?

Maximilien, dans deux heures, j'aurai fait la tentative; dans deux heures, je saurai de madame de Saint-Méran ce que nous avons à espérer. Revenez dans deux heures, mon ami; si j'ai été exaucée, je puis rester ici, vous ne craindrez plus; si l'on m'a refusée...

Eh bien?...

Je n'ai qu'une parole comme je n'ai qu'un cœur, Maximilicn, et ce cœur est à vous, et cette parole, je vous la donne.

Merci! merci!

On vient ! fuyez !

MAXIMIL1EH, escaladant le mur.

Adieu, ma femme !

VALENTINB.

Votre femme, oui! Adieu !

Dans deux heures, ici?

Dans deux heures ! Voici Edouard, vite ! vite !... Pardonnezmoi, mon Dieu ! n'est-ce pas que vous me pardonnez?

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