SCÈNE II Les Mêmes, LE MAJOR, ANDREA
DANGLARS
Voici les deux seigneurs italiens dont je vous ai parlé. Soyez aimable avec eux, je vous en prie.
MADAME DANGLARS
J'y ferai mon possible, monsieur.
MAXIMIL1EN, à Debray.
Cavalcanti ! Peste ! un beau nom qui a son arbre généalogique dans la Divine Comédie.
DEBRAY
C'est vrai, ces Italiens se nomment bien, mais ils s'habillent mal.
Vous êtes difficile, monsieur Debray : leurs habits sont tout flambants neufs.
DEBRAY
Chut! les voici.
MONTE-CRISTO, à madame Danglars.
Madame, voulez-vous me permettre d'empiéter sur les droits du baron, en vous présentant MM. Cavalcanti, qui essayent de manger, sans en venir à bout, une fortune fabuleuse?
Madame est déjà prévenue que ce sont des clients que nous espérons voir devenir nos amis.
LE MAJOR
Nous ne demandons pas mieux, monsieur le baron. Je ne vous ai encore vu qu'une fois; mais vous m'avez reçu de manière...
DANGLARS
Parbleu! je crois bien, je vous ai compté quarante mille francs.
MONTE-CRISTO
Quarante mille francs! la belle bagatelle pour le major!
LE MAJOR
C'est vrai! c'est vrai! mai- je n'aime pas à avoir de trop fortes sommes à la maison.
ANDREA
Ce cher père, il a toujours peur des voleurs. On lai a dit que Paris était une ville fertile en événements désastreux, de sorte qu'il se resserre.
DANGLAnS.
Mais il parle très-bien français, le jeune vicomte.
MONTE-CRISTO
Il a été élevé dans un collège du midi de la France, à Toulon, je crois. — En tout cas. si votre père a peur des voleurs, comte, je vais le mettre en relations avec un magistrat...
Ah ! ah !
MONTE-CRISTO
Auquel il pourra les dénoncer ; c'est la terreur de ces messieurs.
BATTISTIN" , annonçant.
H. et madame de Villefort.