‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 4)Chapitre 149 sur 151 · SCÈNE VI DE GERVÀ1S, puis EDMOND · texte numérisé non relu

SCÈNE VI DE GERVÀ1S, puis EDMOND

DE GERVAIS

Allons, allons, le sacrifice est fait; du courage, du courage! 0 mon Dieu ! vous qui voulez cette séparation, envoyez-moi donc la force, car vous voyez bien que j'y succombe,..

EDMOND

Mon père !

C'est lui !

Mon père !

DE GERVAIS, tressaillant.

EDMOND

DE GERVAIS

Ah ! vous voilà, Edmond.

EDMOND, [âlissant.

Clotilde vous quitte en pleurant; que lui avez-vous dit? qu'avez-vous donc exigé d'elle? Dites!...

DE GERVAIS

Je l'ai décidée à épouser Fielding et à partir avec lui.

EDMOND, chancelant.

A partir avec lui ?

DE GERVAIS

Oui.

Impossible, mon père!...

DE GERVAIS

Et pourquoi impossible?...

EDMOND

Y sougez-vous?... Clotilde quitter la France !... nous quitter 1... vous quitter... vous!...

DE GERVAIS

Dieu n'a-t-il pas dit à la femme : « Tu quitteras ton père, ta mère et ta patrie, pour suivre ton époux? »

Xix. 16

EDMOND

Oh ! mou père, mon Dieu ! vous qui disiez que vous séparer de Tu» de nous à présent, ce serait... votre mort...

l'L GERVAIS.

Oui, je l'ai dit.

EDMOND

Mais vous n'aimez donc pas ma sœur?

DE GERVAIS

Mais tu l'aimes donc plus qu'un frère, toi, malheureux !

EDMOND

Moi... moi... aimer Clotilde 1... Qui vous a dit cela?

Mais tu ne vois donc rien ? tu ne comprends donc rien?... parce que ta passion insensée et impie te rend aveugle i j sourd, tu me crois donc aveugle et sourd moi-même ? EDMOND, cherchant à fuir.

Mon Dieu ! mon Dieu !

DE GERVAIS

J'avais dit que je mourrais si je me séparais de l'un de vous ? Je n'aime pas ta sœur?... Oh! voyez-vous ce sacrilège qui dit à un père qu'il n'aime pas sa fille?... J'avais dit que je mourrais d'une séparation? Et qui te dit donc que je ne mourrai pas, à toi qui me forces à me séparer?...

EDMOND

Mon père !... Non, non... Vous avez raison, c'est à moi de m'en aller, c'est à moi de partir, mon père, à l'instant... (Tombant à tfenoui.) Votre bénédiction, et je pars...

DE GERVAIS

Ma bénédiction, à toi, malheureux?

EDMOND

Oui, votre bénédiction, car je pars, et je vous dis, moi, que j'ai le droit de vous demander votre bénédiction. DE GERVAIS, hors Je lai.

Tais-toi! tais-toi !...

Page 1