‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 4)Chapitre 56 sur 151 · SCÈNE IV Les Mêmes, GUITAUT · texte numérisé non relu

SCÈNE IV Les Mêmes, GUITAUT

MAZARIN

Conzour, mon cer Guitaut ! bonzour, mon bon emi !

GUITAUT

Bonjour, monseigneur. Votre Éminence m'a fait demander?

MAZARIN

Oui, z'ai plousiours çoses à vous dire.

GUITAUT

Dites, monseigneur.

MAZARIN

La première, c'est que vous ne me parlez pas assez souvent de votre neveu Comiuzes.

GUITAUT

Mon neveu Cominges est toujours bien votre serviteur, et celui de la reine, monseigneur... Qui faut-il arrêter?

MAZARIN, faisant semblant de ne pas entendre.

Vous recevez louzours de ses nouvelles, n'est-ce pas?

CUITAUT.

Par chaque courrier venant de Portugal, oui, monseigneur... Voyons, est-ce un robin, un homme d'Église ou un gentilhomme?

MAZARIN, sans répondre.

Ze croyais qu'il était question de quelque çose comme d'oun mariaze entre loui et votre çarmante fille. Vous savez, mon cer Guilaud, que, dans le cas où ce mariaze aurait liou, le roi donnerait cent mille écous, et signerait au contrat?

GUITAUT

Cela ferait bien, monseigneur; car, jusqu'iri, nous avons reçu plus de coups que de pistoles au service de la royauté... Où est l'ordre?

MAZARIN

Tu crois donc qu'il s'agit d'arrêter quelqu'oun, mon cer Guitaut?

CUITAUT.

Pardicu ! quand on fait venir le capitaine des gardes, quand on lui promet pour sa fille cent mille écus... (a part) qu'on ne lui donnera pas... (haut)c'est qu'on a hesoinducapitainedes gardes.

MAZARIN

Eh bien, oui, z'ai besoin de toi, Guitaut; ma tou te trompes : ce n'est point pour arrêter quelqu'oun.

GUITAUT

Oh ! oh ! Et pour quoi donc faire ?

MAZARIN

C'est pour prévenir oun étranzer qui se cace à l'hôtel dou Paon couronné que ze sais qu'il est là.

GUITAUT

Bien! vous savez qu'il est là... Et vous desirez...?

MAZARIN

Ze désire qu'il quitte l'hôtel.

GUITAUT

Etpcut-il loger dans quelque autre endroit à Vincennes, monseigneur?

MAZARIN

C'est que zc voudrais qu'il quittât, non-souiemenl l'hôtel, mais Vincennes aussi... si cela ne loui était pas trop désagréable.

GUIiVUT.

Bon ! et qu'il retournât à Paris, alors?

MAZARIN

Heu! Paris est bien près de Vincennes, Guitaut, et ze voudrais qu'il quittât aussi Paris... si cela ne loui faisait pas trop de peine.

guitaut.

En quel endroit de la France lui sera-t-il permis de demeurer ?

MAZARIN

Ah ! ze voudrais bien qu'il quittât aussi la France... si cela ne lui causait pas trop de déplaisir.

GUITAUT

C'est-à-dire que vous l'exilez?

MAZARIN

Eh! mon Diou, non; ze le renvoie d'où il vient, voilà tout.

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