MARIE, LE DUC D'ANJOU
D'ANJOO, qui est entré, qui s'est approché sur la pointa du pied, et qui regarde par-dessus l'épaule de Marie. Oh ! les magnifiques diamants !
MARIE, se retournant.
Hein !
d'anjou.
N'ayez pas peur : c'est la nymphe Écho !
MARIE
Oh! mais regardez donc, monseigneur! regardez donc!
d'anjou.
Je vois bien ! Mais qui vous a donné tout cela?
MARIE
Mon oncle !
d'anjou.
Quel oncle?... Vous avez donc deux oncles?
MARIE
Mon oncle Mazarin!
d'anjou.
Ce n'est pas vrai.
MARIE, riant.
Oh! oh! un démenti, monseigneur!
d'anjou.
Mais vous savez bien vous-même que ce n'est pas posible!
MAF.IE.
Cela est pourtant ainsi.
Oh! n'importe! de quelque part qu'ils viennent, montrezles-moi, chère Marie!
MAKIE.
Je fais mieux que de vous dire : Voyez! monseigneur; je vous dis : Preîiez!
d'anjou.
En vérité, vous offrez cela comme des bonbons de baptême.
MARIE
Pourquoi pas, puisque je suis marraine?
d'anjou.
Marraine de qui?
MARIE
De la générosité de M. de Mazarîn, qui vient de naître au monde après cinquante ans de grossesse... Le père est malade, mais l'enfant se porte bien.
d'anjou.
Ah ! j'y suis I
MARIE
Quoi?
d'anjou.
L'agent secret de mon frère lui aura dit que 31. de Mazarin avait des millions plein ses caves, et notre cer cardinal, qui craint qu'on ne les loui reprenne, fait la part du feu.
MARIE
Que ce soit cette raison-là ou une autre, peu importe! noua tenons la cassette, c'est le principal.
d'anjou.
Oh! mais regardez donc! comme voilà un fll de diamant qui ferait une jolie ganse de chapeau !
Voyez donc cette rivière! Quel admirable collier!
d'anjou.
Et cette agrafe de manteau !
MARIE
Et ces boucles d'oreilles !
d'anjou.
Et ces boutons de manchettes !
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MARIE
Et ce diadème de brillants !
d'anjou.
Mais regardez donc, Marie !
MARIE
Mais voyez donc, prince!
(Chacun d'eux fouille dans la cassette, et en tire quelque chose en poussant des cris de joie.)