SCÈNE XV JOHN, DURAND, SIR EDWARD
DURAND
Mais puisque j'ai l'honneur de dire à milord qu'il ne reste pas une seule chambre...
SIR EDWARD, accent anglais, mais sans charge. Oh! cela ne fait rien.
DURAND
Mais si, cela fait quelque chose : cela fait qu'il est impos sible de loger milord...
Je suis très-accommodant.
DURAND
Milord voudra donc bien prendre la peine de chercher un autre hôtel...
SIR EDWARD
Je préfère celui-ci.
DURAND
Cependant, milord... puis([ii'il n'y a pas déplace. SIR EDWARD, déposant son chapeau et son paletot.
Vous voyez bien qu'il y en a...
DURAND
Où.\..
SIR EDWARD
DURAND
Ici ? Mais c'est un couh)ir, milord. .
SIK EDWARD.
Oh ! cela n'y fait rien.
DUKAND.
Je serais désespéré que milord me forçât de recourir à des cxlréinités.
Recourez.
DURAND
De m'adresser à la police.
SIR EDWARD
La police me donnera raison.
DURAND
Elle donnera raison à milord?...
SIR EDWARD
Oui.
DURAND
Et comment cela?
SIR EDWARD
II y a, sur votre maison, une grande planche, avec ces mots écrits en lettres dorées : Hôtel d'Angleterre... Je suis Anglais; donc, vous devez me loger...
JOHN
Very well î
DURAND
Very well ! very well! Mou ami, c'est très-bien ; mais milord ne peut pas loger dans un couloir !
SIR EDWARD
Pourquoi pas?
DURAND
Mais il n'y a pas de lit.
Je dormirai sur un chaise.
DURAND
Pas de table!
SIR EDWARD
Je mangerai sur le pouce!...
DURAND
Mais milord sera très-mal.
SIR EDWARD
Qu'importe, si je paye comme si j'étais très-bien!...
DURAND
Milord consentirait à payer ce couloir?...
SIR EDWARD
Dix louis par jour.
DURAN'D
Mais, milord, dix louis par jour pour un couloir...
SIR EDWARD
Voilà pour le premier jour.
DURAND
Milord, je suis vraiment houleux...
Oh! cela ne fait rien. John, déballez.
DURAND
Ma foi, la dame a retenu les chambres, mais pas les couloirs : qu'ils s'arrangent comme ils voudront... Je vais raconter l'aventure aux officiers, cela les fera bien rire.
(Il sort.)