‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 5)Chapitre 130 sur 138 · SCÈNE II EVAN, LE Capitaine qui l'a arrêté · texte numérisé non relu

SCÈNE II EVAN, LE Capitaine qui l'a arrêté

LE CAPITAINE

Vous avez appelé, sire ?

EVAN

Oui... pardon si je vous dérange. (Le Capitaine s'incline, mais froidement.) 11 n'est pas venu une dame pour s'informer de moi, savoir ce que j'étais devenu?

LE CAPITAINE

Vous attendiez une dame?

C'est-à-dire oui et non... Elle ne m'avait pas dit positivement qu'elle dût venir. Néanmoins, il était probable... Enfin, il n'est venu personne?

LE CAPITAINE

Si fait, sire : l'homme que vous avez demandé.

EVAN

Quel homme?

LE CAPITAINE

N'avez-vous point dit que vous seriez aise d'avoir votre valet près de vous ?

EVAN

Si fait. Mais il m'avait été répondu d'une façon assez sèche que la chose présentait de grandes difficultés.

LE CAPITAINE

Oui; mais, sur ma demande, le conseil s'est assemblé. lia été décidé que, celle faveur ayant été accordée au roi Charles I^**, votre père, et la position étant identique, elle devait vous être accordée à vous.

EVAN, gravement préoccupé Au roi Charles 1*% mon malheureux père... Oui, il avait demandé...

LE CAPITAINE

Que son domestique Parry ne le quittât plus jusqu'au dernier moment. En effet, Parry fut amené dans cette chambre et ne quitta plus le roi.

EVAN

Comment savez-vous cela ?

l'envers d'une conspiration 233

LE CAPITAINE

Je fus de garde, alors, à la porte du père, comme je le suis aujourd'hui à la porte du fils. Et c'est parce que l'on savait pouvoir compter sur ma vieille fidélité, que j'ai été choisi pour vous arrêter, vous conduire ici, et veiller sur vous jusqu'au moment...

EVAN

Oui... je connais le moment. Alors, je suis bien dans la chambre habitée par Charles 1er ?

LE CAPITAINE

Je l'ai vu plus d'une fois s'asseoir dans ce fauteuil où vous êtes assis. (Evan se relève vivement.) Je l'ai VU plus d'une fois s'agenouiller sur ce prie-Dieu...

EVAN

Ah!... Et qu'étiez-vous du temps du roi Charles !<=''?

LE CAPITAINE

J'étais simple sergent.

EVAN

Et vous êtes capitaine?

LE CAPITAINE

Milord protecteur m'honorait de sa confiance, et, «près lui, M. Lambert a toujours été excellent pour moi. Ne vous étonnez donc pas de ma fidélité à le servir.

EVAN

Non-seulement je ne m'en étonne pas, mais encore je vous en félicite, mon ami ; et moi-même, tenez!... Bon! qu'allais-je dire?... Ainsi, vous connaissez le général Lambert?

LE CAPITAINE

J'ai été six mois attaché à sa personne.

EVAN

Et, pendant ces six mois, vous avez pu pénétrer d; us son intérieur ?

LE CAPITAINE

Familièrement.

EVAN

Donc, vous connaissez sa femme, sa fille... Sa femme, un peu sévère... Mais sa fille, hein?... quelle charmante en faut!

LE CAPITAI\NE.

Mais de qui parlez-vous ?

EVAN

De la femme et de la fille du général Lambert, pardieu !

LE CAPITAINE

Le général Lambert est veuf et n'a jamais eu d'enfants.

EVAN

Hein?

LE CAPITAINE

J'ai l'honneur de dire à Votre Majesté que le général Lambert est veuf et n'a jamais eu d'enfants. CUDDY, en dehors.

Mais laissez-moi donc entrer près de mon maître. Vous savez bien que la permission m'est accordée, n'est-ce pas?

EVAN

C'est Cuddy, je reconnais sa voix. Capitaine, vous avez dit...

LE CAPITAINE

Laissez entrer ce garçon. Votre Majesté n'a pas d'autre désir à exprimer?

EVAN

Non; du moment que le général Lambert est veuf et n'a jamais eu d'enfants...

LE CAPITAINE

Jamais.

EVAN

Alors, c'est bien, capitaine. Vous pouvez vous retirer. (Avec un soupir.) C'était tout ce que je désirais savoir.

(Le Capitaine salue et sort.)

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