‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 5)Chapitre 136 sur 138 · SCÈNE VIIÎ · texte numérisé non relu

SCÈNE VIIÎ

Les Mêmes, hors HAMILTON.

EDITH, arrêtant Evan.

Eh bien, où allez-vous?...

EVAN, avec un cri de surprise.

Ah ! mon inconnue !

EDITH

Donnez-moi la main... Bon ! allez-vous me refuser, comme a fait mon frère au roi?

EVAN

Votre frère?...

EDITH

Allons! (au Roi.) Sire, j'ai l'honneur de présenter à Votre Majesté sir Evan Mac Donald, dont le dévouement, dans votre restauration, qui vient de s'accomplir si heureusement, nous a rendu de si grands services. ^

Comment ! monsieur, c'est vous qui avez protégé miss lidith et donné un coup d'épée au colonel Hamilton ?

EVAN

Oui, sire... à mon grand regret même... EDITH, bas.

Taisez-vous !

CHARLES

C'est vous qui nous avez prévenus du coup de main que l'on tentait en faveur du général Lambert?

EVAN

Sire, je croyais parler à des amis.

EDITH, de môme.

Taisez- VOUS !

CHARLES

Liifin, c'est vous qui avez consenti à revêtir ce costume et

à passer poar moi ; à vous faire arrêlcr à ma place... et dans un moment où, à me rendre un pareil service, vous risquiez votre tête?...

EVAN

Sire, j'ai fait tout cela, c'est vrai ; mais je vous jure...

EDITH, bas.

Taisez-vous donc, pour l'amour de Dieu !

Messieurs, je vous le demande à tous... (à la Reine) et à vous particulièrement, madame... que mérite un pareil dévouement.?

LA REINE

II a été illimité, sire ! Impossible de se dévouer plus aveuglément que ne l'a fait sir Evan... Que la récompense ellemême soit donc illimitée !

CHARLES

Vous avez entendu, sir Evan? Fixez vous-même votre récompense.

V EVAN

Gomment ! sire, vous me laissez le champ libre ?

CHARLES

Entièrement.

EVAN

Je puis demander... ce que je voudrai ?...

CHARLES

Pourvu que ce que vous demanderez soit au pouvoir du roi.

EVAN

Eh bien, sire, je vous dirai que, depuis que j'ai mis le pied à Londres... j'ai été tourmenté par un démon qui s'est attaché à mes pas, et m'a fait faire tout le contraire de ce que je voulais... par un lutin qui a passé à travers les murailles, les portes, les serrures, pour me faire renier ma foi, perdre l'esprit, risquer mon âme... par une fée d'autant plus dangereuse, qu'elle est la plus spirituelle, la plus charmante, la plus adorable des femmes. Eh bien, sire, de ce démon, de ce îutin, de cette fée, de cette femme, je voudrais me venger,

mais longuement, à mon loisir, à ma fantaisie. Sire, exigea d'elle qu'elle me prenne pour mari.

CHARLES, à Edith.

A'ous avez entendu, miss Edith... Que dois-jc faire?

EDITH

Sire, un roi n'a qu'une parole.

CHARLES

Ainsi, malgré de pareilles intentions...?

EDITH

Sire, avec l'aide de Dieu, je tâcherai de me défendre.

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