MARCO
Au contraire!,., c'est moi qui le dois cent ducats!...
GENNARO
Huitième merveille du monde!...
Viens! car, dans ma stupeur profonde, Je veux te contempler du haut jusques en bas!...
(A ses amis.) Regardez bien ce beau jeune homme...
Messieurs, il est mon débiteur...
W me doit cent ducats ..Tiens, prends deux fois la somme!,,» Nous voilà quittes!
TOUS
En honneur, On ne saurait être plus gentilhomme!
On ne saurait être plus grand seigneur!
GENNARO, à Ascanio.
Viens!... à ton tour!
ASCANIO
C'est ce soir, à nuit close, Que notre compte, à nous, sera réglé...
LE ROMAN h'FLVIIlE gQ
Gomment?»^
ASCANIO
Ce soir, n'oublions pas la clause :
Avec la Sirena, tu dois, furtivement, Pour l'Arno quitter le Potose...
C'est un pari fait entre nous :
Messieurs, vous en souvenez-vous?..,
TOUS
Oui, nous nous en souvenons tous!
GENNARO
Je m'engage encor devant vous!
Si la brise folle M'emporte ce soir; Si dans ma gondole Je te laisse voir, Sirena, dans l'ombre.
Avec moi fuyant Vers l'occident sombre Ou vers l'orient;
Si ma noble épouse, Nouvelle Didon, Chagrine et jalouse.
Répète mon nom ; Si son œil humide Cherche, en l'implorant, A l'horizon vide Mon navire errant;
Si, de Naple ou Rome, Bientôt je t'écris, En franc gentilhomme, Tu dis : « Je suis pris! • Mais, si, dans la ville.
On m'a retenu, Joueur inhabile.
Ami, j'ai perdu!
Si, de la gogeurc, Je suis le gagnant.
Si, de l'aventure.
Je sors triomphant,
Ami, dans ma gloire.
Je serai peu fier; Souvent la victoire Nous coûte assez cliert
Tout, dans cette vie, Est si décevant!
La route fleurie Est sable mouvant!.,.
Est-il cœur de femme Qui brûle toujours D'une ardente flamme, De constants amours?...
On adore un ange.
On perd la raison...
Et, puis, en échange.
On trouve un démon!...
Et, dans son martyre, Amant éperdu, On ne peut que dire :
« Hélas! j'ai perdu! o
TOUS, riant.
II a raison!...
(Reprenant leurs verres et buvant.) A nous les vins de Ja marquise l Pour nous à flots qu'ils soient versés! A nous ces biens que rien n'épuise!
Nous ne dirons jamais : « Assez! »