SCÈNE IV
Les Mêmes, GENNARO.
GENNARO, entrant par le fond, à droite, d'une voix altérée. Mille pardons, madame!... mais voudriez-vous bien me faire la grâce de me dire à quel titre je suis dans ce château?
LA marquise.
Mais à titre de seigneur et maîire, mon cher chevalier.
GENNARO
En ce cas, d'où vient qu'il m'est défendu d'en sortir ?
LA MARQUISE
Ah ! vraiment...
MALATESTA, à part.
Je vois pourquoi elle était si tranquille.
GENNARO
D'où vient que les grilles sont fennées, et que, lorsque j'ai voulu me les faire ouvrir, les concierges m'ont répondu que les clefs leur avaient été enlevées par votre ordre?... Qu« signifie cela, madame?... Voilà ce que je désire savoir. Ces hommes sont-ils des valets insolents qu'il fautque je châtie... ou hien est-ce à vous que je dois m'en prendre?
LA MARQUISE, se tournant avec calme vers Malatesta.
Mon cher podesta, vous comprenez que, pour l'explication que j'ai à donner au chevalier...
MALATESTA, à demi- voir.
Mais, madame, rester seule avec ce jeune homm^ emporté! Voyez son agitation, sa colère...
LA MARQUISE, bas.
Vous pouvez vous éloigner sans crainte, mon cher Makiicsta...
MALATESTA, de même.
En tout cas, madame, je reviendrai bientôt; car mon ilk quiétude... Mais pourrai-ie sortir, moi?...
LA MARQUISE
Parfaitement ; le chevalier seul...
MALATESTA
Je comprends... A bientôi! (a part.) Oh ! rival odieux!... mon œil perspicace reste fixé sur toi !
(Il sort.)