SCÈNE XI
GENNARO, LÏLLA.
LILLA, sortant du pavillon, pâle et agitée.
A moi! au secours! à l'aide, seigneur Gennarol...
GENNARO
Qu'y a-t-il donc, Lilla?
LILLA
Oh! si vous saviez!...
GENNARO
Parle !
LILLA
J'avais sur moi deux flacon?...
Deux flacons!... Lesquels?...
LILLA
L'un destiné à endormir la marquise, et l'autre..',
GENNARO, avec effroi.
L'autre?...
LILLA
L'autre... un éllxirque ma mère avait rapporté d'Orient... et dont j'ignore la recette... Cet élixir, je le destinais à une riche baronne, qui a cinquante ans bien comptés : je m'étais chargée de lui en ôter vingt-cinq...
GENNARO
Comment! tu te mêles aussi de rajeunir, démon?...
LILLÂ.
Eh bien... là... dans un corridor sombre, j'ai rencontré un page qui portait un sorbet à votre femme... J'ai pris un flacon pour l'autre... je me suis trompée!... Ne dites jamais que c'est moi!... au nom du ciel, ne le dites pas!... Malatesta... l'inquisition... le bûcher... je serais perdue!... Chevalier, ma vie est entre vos mains... Ne me trahissez pas !.., Adieu!... adieu!...
(Elle se sauve par le fond à droite.)