SCÈNE VI Les Mêmes, ASHLEY
Vous le voyez, Ashley, je vous attendais.
ASHLEY
Votre Majesté n'est pas seule...
CHARLES
Vous pouvez parler, c'est la reine. (Ashley s'incline. Instant do silence.) Lh bien, pourquoi tardez-vous donc tant à me rendre compte de votre mission ?
ASHLEY
Je me presserais davantage si j'avais de bonnes nouvelles à annoncer à Votre Majesté.
CHARLES
Ah ! ah ! le Mazarin refuse le million, à ce qu'il paraît?...
ASHLEY
Le roi de France n'a pas d'argent.
CHARLES
Mais, au moins, nous accorde-t-il nos cinq cents hommes?
ASHLEY
Le roi a besoin de tous ses soldats, depuis le premier jujbqu'au dernier.
L*ENYERS d'une CONSPIRATION 15^
CHARLES
Ainsi, aucun e:poir de ce côté?...
ASDLEY.
Aucun.
CflAl\LËS, s'essûyant \o frout. Allons, peut-être scrai-je plus heureux du côté de M. Monk que du côté de monsignor Mazariiio iMazarini...
AS II LE y.
J'en doute, sire !
CHARLES
Ah! et pourquoi en doutez-vous?
ASHLEY
Parce que je suis venu, de la Haye ici, avec Middleton.
CHARLES
Étîez-vous donc convenus de vous faire part, avant de m'en faire part à moi, du résultat de votre ambassade, et vous étiez-vous donné rendez-vous à la Haye ?
ASHLEY
Sire, le hasard seul...
CHARLES
Où avez-vous laissé Middleton?
ASHLEY
A cent pas d'ici. U savait que Votre Majesté m'attendait le premier.
CHAULES.
Appelez-Ie.
(Ashley va à la porte.)
LA REINE, se levant, à Charles.
Doutez-vous encore que ces hommes vous trahissent?
£h! madame... on trahit bien les puissants! pourquoi ne trahirait-on pas les faibles ?
LA REINE
Parce que c'est doublement lâche.