ACTE II, SCENE I
Et l'air qu'en haletant la poitrine y respire, Semble cet air que Dante, au séjour des tourments, Trouva plein de sanglots et de gémissements. Pourquoi, dans certains lieux, les mauvaises pensées Viennent-elles au cœur se heurter plus pressées Qu'au voyageur perdu dans un sombre réduit Ne viennent se heurter les oiseaux de la nuit ?
Il écoute.
Pourquoi dans ces caveaux est-ce que je frissonne? N'ai-je point entendu!... non, ce n'était personne; Je m'étais trompé... rien... c'est bizarre ! Pourquoi Ai-je ainsi peur de tout? c'est que j'ai peur de moi;
Il abaisse sa torche et éclaire une trappe.
C'est que, comme un mineur, j'ai sous les pieds la
jveine De cet or poursuivi d'une recherche vaine ;
C'est que, pour un remords à risquer, désormais
Je n'ai qu'à me baisser et suis riche à jamais.
Oh ! je le disais bien, il est des lieux étranges
Dont pourrait la vapeur ternir l'âme des anges.
Rentrons vite.
Écoutant.
Mais non, je ne me trompais pas J'ai bien distinctement, cette fois, ouï des pas!
Il éteint sa torche contre terre
Le laboureur sans doute à sa grange rapporte Sa moisson d'aujourd'hui.
Tâtantle mur.
Mais où donc est la porte?
Il me semble pourtant... oui... non... qu'elle était là. Grand Dieu! mais cette porte... Il entre, le voilà !
Il se cache derrière une tapisserie.