ACTE III, SCENE IV
FASIO.
Salut à voire seigneurie.
Je lui reprocherai de venir un peu tard.
LE PODESTAT
C'est vrai, ma seigneurie est d'une heure en retard.
FASIO.
C'est ce dont je me plains.
LE PODESTAT
Ah ! je n'ai pu mieux faire.
Le duc m'a retenu pour une sotte affaire. Il paraît qu'à propos de ce vieux Grimaldi... On s'inquiète...
Vrai?... Serait-ce trop hardi Que de vous demander d'où vient l'inquiétude?
LE PODESTAT
Voilà... Depuis longtemps il avait l'habitude D'aller tous les matins chez un de ses amis.
FASIO.
Je ne lui connaissais, moi, que des ennemis.
LE PODESTAT
Eh bien! voilà huit jours que notre vieil avare Chez l'autre n'a paru.
FASTO.
Tiens ! la chose est bizarre !
LE PODESTAT
Si bien que tu comprends, cher ami, que le duc, Sachant que le bonhomme était vieux et caduc, A peur qu'en sa maison, qu'il habitait sans suite, Il ne soit, dans un coin, mort d'une mort subite !.. Voilà le seul motif de mon retard, d'honneur! Eh bien ! suis-je excusé?...
FASIO.
Vous l'êtes, monseigneur.
Lélio et la Maddelena entrent masqués.
LE PODESTAT
Mais sais-tu que vraiment cette fête est divine?
Regardant Lélio et la Maddelena.
Quel est ce Raphaël avec sa Fornarine ?
Je n'en sais rien.