‹ Théatre [sic]: Paul Jone, L'alchimisteChapitre 136 sur 178 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

FASIO.

Et quel est le couvent où vos fautes divines Vont chercher leur pardon ?

LA MADDELENA.

Celui des Ursulines.

FASIO.

Vous allez prononcer d'indissolubles vœux; Vous allez aux ciseaux livrer ces beaux cheveux Dont un seul eût suffi, telle est notre faiblesse, Pour nous conduire tous à votre suite en lesse. Oh! vous n'en ferez rien, car on aura surpris Votre religion .

LA MADDELENA.

Non, c'est un parti pris.

FASIO.

Et quel chagrin subit, quelle douleur profonde A donc jeté son crêpe entre vous et le monde? Sans indiscrétion, pourrait-on le savoir?

LA MADDELENA.

Hélas ! c'est, monseigneur, un amour sans espoir.

Comment?

LA MADDELENA.

Par un valet voulez-vous faire dire Au comte Léîio que, pour me reconduire, Je l'attends?

FASIO.

Quoi! déjà!

LA MADDELENA.

Faites.

FASIO.

J'obéis.

LA MADDELENA.

Bien.

FASIO, revenant à elle.

Ce projet me confond, et je n'y comprends rien. Un amour sans espoir? dites-vous? Sur mon âme, De ma crédulité vous vous raillez, madame.

LA MADDELENA.

Non, c'est la vérité : je n'ai plus de salut

Que dans mon cloître saint! Vous savez ce que lut,

Aux portes de l'enfer, l'exilé de Florence :

« Vous qui passez le seuil, laissez-y l'espérance. »

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