‹ Théatre [sic]: Paul Jone, L'alchimisteChapitre 15 sur 178 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

EMMANUEL, MARGUERITE, PAUL, dans le cabinet.

EMMANUEL

Venez, Marguerite, et dites vite ce que vous avez à me dire; je suis en affaires.

MARGUERITE

Il y a un temps, Emmanuel, où, en nous revoyant après deux mois d'absence, nous nous serions jetés dans les bras l'un de l'autre.

EMMANUEL

Oui ; mais depuis cette époque tant de choses ont passé entre nous.

MARGUERITE

Qui peut donc passer entre deux enfants de la même mère? qui peut séparer le sang du sang, le frère de la sœur?

EMMANUEL

Une faute.

MARGUERITE

Vous êtes cruel, mon frère : vous savez que je ne puis implorer mon père, vous savez que devant ma mère je tremble à n'oser dire une parole, vous savez que mon seul espoir est en vous ; vous me voyez entrer, non pas comme une sœur devrait entrer chez son frère, non pas la joie dans le regard, le sourire sur les lèvres, mais les larmes aux yeux, la prière à la bouche , comme un suppliant entrerait chez son juge, et d'un mot que vous laissez tomber sur ma tête, voilà que vous me ployez à vos pieds.

EMMANUEL

Que voulez-vous?

MARGUERITE

Je veux savoir si ce que l'on dit est vrai.

EMMANUEL

Que dit-on?

MARGUERITE

Que demain soir...

KM MANUEL

Après?

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