‹ Théatre [sic]: Paul Jone, L'alchimisteChapitre 176 sur 178 · ACTE V, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IX

Un pied sur les degrés de l'échafaud infâme, A la face du ciel où nous serons unis, Au nom du Dieu vivant, femme, je te bénis ! Lève-toi maintenant, il faut mourir... c'est l'heure.

FRANCESCA

Pasencor... pasencor... non, Fasio, demeure. Entends-tu?... par le ciel nous sommes invités A marcher plus vite.

FRANCESCA

Ah!

FASIO se retournant.

Je suis prêt

LELIO, du haut de l'escalier, étendant le bras.

Arrêtez .

RAFAELLO

Avez- vous entendu, messieurs?... Que dit cet homme?

LÉLIO

Je dis, au nom du duc, messieurs, que je vous somme De ne pas faire un pas de plus.

FRANCESCA

Dieu tout-puissant î

Je dis que vous alliez tuer un innocent. Si Dieu ne m'avait pas conduit sur votre route : Voilà ce que je dis ; et si quelqu'un en doute, J'ajouterai deux mots qui doivent faire loi : Je connais l'assassin... et l'assassin, c'est moi.

Il descend les marches.

FASIO.

Lélio!... juste ciel!

FRANCESCA

Oh ! j'en deviendrai folle!...

LELIO, tendant la main à Fasio.

Fasio... l'on se peut fier à ta parole... Merci !... Mais je te veux prouver en ce moment Que j'étais digne aussi d'un pareil dévoûment; Et, puisque vient à moi cette mort tant cherchée, Je me décide enfin pour la tête tranchée.

Se retournant.

Je vous l'ai dit, messieurs, je suis le meurtrier : Vous pouvez à l'instant partout le publier. Ce n'est plus lui... mais moi que regarde l'affaire; Et c'est tout un procès, messeigneurs, à refaire. Reconduisez-moi donc à sa place en prison.

Page 1