‹ Théatre [sic]: Paul Jone, L'alchimisteChapitre 2 sur 178 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE COMTE -EMMANUEL, rentrant au château, en costume de voyage ; son domestique le suit et pose une paire de pistolets sur la table, JASMIN, LAFEEUILLE, trois Valets.

EMMANUEL, s'étendanldansun fauteuil.

Jasmin, un écu de six livres au postillon qui ne m'a versé que deux fois en me ramenant de Vannes ici. Quels chemins!... Sur mon âme, il faudra que je consulte le tabellion pour savoir de lui s'il n'y aurait pas dans les archives de la famille quelque vieux droit de corvée qu'on pourrait faire revivre... (A un domestique qui

porteune livrée du tempsde LouisXV et qui lui faitdessaluls.) C estbicil,

Laffeuille, c'est bien, je suis enchanté de te revoir.

4 PATf, J1NES.

LAFFEUILLE.

Çt moi donc, monseigneur!

^\ EMMANUEL

(Jui, je comprends, cela veut dire...

1 LAFFEUILLE.

%ue toutes les bénédictions du ciel...

^k EMMANUEL.

Te descendent dans le gosier... c'est trop juste ; voilà

pour boire (apercevant trois autres domestiques) tOUt Seul ; puis

voilà pour boire avec les autres. Jasmin, prévenez madame la marquise que je suis arrivé, et lui demandez ses ordres de ma part, soit qu'elle me permette de monter chez le marquis, soit qu'elle veuille descendre. Quant à vous, mes vénérables, comme je ne veux pas priver mes ancêtres de vos services, allez chacun à vos

affaires. (Ils sortent ; Laffeuille va pour les suivre.) Laffeuille, rien

de nouveau en mon absence? — Mon père ?

LAFFEUILLE.

Toujours dans la même position; ni mieux ni pis.

EMMANUEL

Et sa raison ?

LAFFEUILLE.

Ça va, ça vient, à ce qu'on nous dit du moins, car vous savez qu'il ne veut voir personne que madame la marquise.

EMMANUEL

Oui, pas même nous, je le sais; et ma sœur?

LAFFEUILLE.

Toujours triste. Ah! c'est une bénédiction, comme

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