‹ Théatre [sic]: Paul Jone, L'alchimisteChapitre 31 sur 178 · ACTE II, SCENE VI. ' o · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI. ' o

PAUL

Ce bracelet se ferme avec un cadenas dont la clef est cachée dans une bague.

MARGUERITE

Oh ! mon Dieu !

Et il y a un homme à qui vous avez juré, dans une nuit de désespoir et d'adieu, que tant que cette bague ne vous serait pas rendue...

MARGUERITE

Je ne serais à personne. . . Eh bien ?. . .

PAUL

Connaissez-vous cette bague?

MARGUERITE

Miséricorde ! il est mort !

PAUL

Marguerite, il est vivant, il vous aime.

MARGUERITE

S'il est vivant, s'il m'aime, comment cette bague estelle entre vos mains?

PAUL

Exilé, proscrit, il a pensé qu'il était de sa délicatesse de vous offrir de vous rendre la liberté, de disposer de votre cœur.

MARGUERITE

Lorsqu'une femme a fait pour un homme ce que j'ai t'ait pour lui, elle ne doit aimer plus que cet homme et n'appartenir jamais qu'à Dieu!

PAUL

Marguerite, vous êtes un ange.

Dites-moi, vous l'avez donc vu?

PAUL

C'est moi qui fus chargé de le déporter à Cayenne : pendant la traversée, il me dit tout, et je vis que l'on m'avait fait l'instrument de la vengeance et non de la justice ! Alors, je pensai que la Providence m'avait choisi pour être le juge des juges ; Lusignan est exilé , mais lihre, et il attend à New-York le résultat des démarches que ses amis à cette heure ont déjà faites à la cour.

MARGUERITE

Et vous croyez obtenir sa grâce?

PAUL

J'ai obtenu mieux que cela.

MARGUERITE

Laissez-moi baiser vos mains, monsieur.

PAUL

Venez dans mes bras, Marguerite, vous êtes une sainte jeune fille.

MARGUERITE

Vous ne me méprisez donc pas ?

PAUL

Marguerite, si j'avais une sœur, je prierais Dieu qu'elle vous ressemblât!

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