EMMANUEL, LE BARON DE LECTOURE
EMMANUEL
Permettez, mon cher baron, que je vous fasse leshonneurs du manoir de mes ancêtres. Cela date de Philippe-Auguste, comme architecture, et de Henri IV comme décoration.
LECTOURE
C'est sur mon honneur une charmante forteresse, et qui répand à trois lieues à la ronde une odeur de baronie à parfumer un fournisseur. Si jamais il me pr enait
la moindre velléité de rébellion contre Sa Majesté, je vous prierais de me prêter ce bijou (regardant les tableaux) et la garnison avec.
EMMANUEL
Trentre-trois quartiers, pas davantage : cela commence à un chevalier Hugues d'Auray, qui accompagna Louis VII à la croisade; cela passe par ma tante Débora, que vous apercevez en grand costume de bergère, une boulette à la main, un nid d'oiseau-mouche dans les cheveux, un bichon sur les genoux ; et cela vient définitivement aboutir, sans interruption dans la branche masculine, au dernier membre de cette illustre famille, votre très-humble et très-obéissant serviteur, Emmanuel d'Auray.
C'est tout à fait respectable.
EMMANUEL
Oui ; mais je ne me sens pas assez patriarche pour passer ma vie dans cette société; aussi, j'espère, baron , que vous avez pensé à me tirer de ce terrier.
LECTOURE
Je voulais vous apporter votre commission de colonel des dragons de la reine ; je savais l'office vacant, et je faisais des démarches, lorsque j'appris que la chose était accordée à la requête de je ne sais quel amiral