SCENE IL LECTOURE, MARGUERITE
LECTOURE
Pardon, mademoiselle, c'était à moi à solliciter la faveur que vous m'accordez, et la seule crainte d'être indiscret. . .
MARGUERITE
Je vous sais gré de cette délicatesse, monsieur le baron, et elle m'enhardit encore dans la confiance que j'ai en vous.
LECTOURE
Quelle qu'elle soit, cette confiance m'honore, et je tâcherai de m'en rendre digne, (a pan.) Sur mon àme, Emmanuel a raison, elle est charmante!
C'est que ce que j'ai à vous dire, monsieur le baron... pardon, mais je ne suis pas maîtresse...
Elle chancelle et cherche une chaise pour s'appuyer. LECTOURE.
Bon Dieu! mais c'est donc une chose bien difficile?
ou sans m'en douter, aurais-je l'air bien imposant? (il lui prend la main.) Parlez... comment, mais ce n'est pas assez dune figure adorable... des mains charmantes, des mains royales !
MARGUERITE, retirant sa main.
J'espère, monsieur le baron , que ce sont des paroles de pure galanterie ?
LECTOURE
Non, sur l'honneur, c'est la vérité.
MARGUERITE
Et que, même penseriez-vous ce que vous dites, ce ne seraient point de pareils motifs qui vous feraient attacher un plus grand prix...
LECTOURE
Si fait, je vous jure.
MARGUERITE
J'espère que vous regardez le mariage comme une chose grave?
LECTOURE
C'est selon, si je prenais une douairière, par exemple...
Enfin, monsieur, pardon, si je me suis trompée; mais j'ai pensé parfois que vous vous étiez fait, sur l'union projetée entre nous, des idées de réciprocité de sentiments.