ACTE m, SCENE XI
îoirs et cheveux blanc, enfant et vieillard! ah! moi
lllSSi, moi aussi, (il se renverse dans le fauteuil] je Suis bien mal-
îeureux !
LA. MARQUISE, qui est passée à la droite du marquis.
Marquis, remontez dans votre appartement, il le faut.
LE MARQUIS
Oui, n'est-ce pas, pour m'y trouver face à face avec ^ous ? c'est bon quand je suis fou, madame !
MARGUERITE
Oui, mon père, vous avez raison, et il y a assez long- ;emps que ma mère se dévoue, il est temps que ce soit yotre fille. Mon père, si vous le voulez, je ne vous quiterai ni jour ni nuit.
LE MARQUIS
Ah! tu n'auras pas le courage de le faire.
MARGUERITE
Si, mon père, si, je le ferai, aussi vrai que je suis yotre fille !
LE MARQUIS
Si tu es ma fille, pourquoi depuis dix ans ne t'ai-je pas vue?
MARGUERITE
Mais on m'a dit que vous ne vous ne vouliez pas me yoir, que vous ne m'aimiez pas.
LE MARQUIS, lui prenant la tête entre ses mains.
On a dit que je ne voulais pas te voir, figure d'ange !
on t'a dit cela! on t'a dit qu'un pauvre damné ne voulait pas du ciel ! Et qui donc a dit qu'un père ne voulait pas voir sa iîlle, qui a osé dire à un enfant : Enfant, ton père ne t'aime pas!
LA MARQUISE
Moi.
LE MARQUIS
Vous!... mais vous avez donc eu mission de me tromper dans toutes mes affections : il faut donc que toutes mes douleurs prennent leur source en vous, et que vous brisiez le cœur du père comme vous avez brisé celui de l'époux !
Il se lève.
LA MARQUISE
Vous délirez, monsieur.
LE MARQUIS
Dites, madame, que je suis entre un ange qui veut me rappeler à la raison, et un démon qui veut me rendre à la folie... Non, non, je ne suis plus insensé... faut-il que je vous le prouve? faut-il que je vous parle de lettres, d'adultère ! de duel !
LA MARQUISE, le prenant parle bras.
Je vous dis que vous êtes plus abandonné de Dieu que jamais de dire de pareilles choses, sans songer aux oreilles qui vous écoutent! Baissez les yeux, regardez qui est là, et osez dire que vous n'êtes pas fou !
LE MARQUIS
Vous avez raison. (Retombant sur sa chaise). Elle a raison,