‹ Théatre [sic]: Paul Jone, L'alchimisteChapitre 74 sur 178 · ACTE V, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IL

ame, et dans cette alternative, dites, faut-il que je igné ?

LA MARQUISE, après un moment de silence.

Signez.

MARGUERITE, de même.

Mais si mon mari apprend jamais l'existence de cet niant; s'il demande raison à mon amant de la tache àite à son nom et à son honneur? si, dans un duel icharné, solitaire et sans témoins, dans un duel à nort, il tuait cet amant, et que, tourmenté par sa conscience, par une voix qui sortirait de la tombe, mon nari perdit la raison?

LA MARQUISE, épouvantée.

Taisez-vous ! taisez-vous !

MARGUERITE

Vous voulez-donc que, pour conserver pur et sans :ache mon nom et celui de mes autres enfants, je m'enferme? avec un insensé ! vous voulez donc que j'écarte de noi et de lui tout être vivant? que je me fasse un cœur le fer pour ne plus sentir? des yeux de bronze pour ne. jlus pleurer? vous voulez donc que je me couvre de Jueil, comme une veuve, avantquemon mari soit mort? vous voulez donc que mes cheveux blanchissent, vingt ans avant l'âge ?

LA MARQUISi:.

Taisez-vous ! taisez-vous !

MARGUERITE

Vous voulez donc, pour que ce terrible secret meure avec ceux qui le gardent, que j'écarte de leur lit funéraire les médecins et les prêtres?... vous voulez donc enfin que j'aille d'agonie en agonie pour fermer moimême, non pas les yeux, mais la bouche des moribonds?

LA MARQUISE, se tordant les bras.

Taisez-vous ! au nom du ciel, taisez-vous !

MARGUERITE

Eh bien! dites-moi donc encore de signer, ma mère; et tout cela sera, et alors la malédiction du Seigneur sera accomplie, et les fautes des pères retomberont sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération.

LA MARQUISE, étouffée par les sanglots.

Oh! mon Dieu, mon Dieu! suis-je assez abaissée? suis-je assez punie?...

MARGUERITE, tombant aux genoux de la marquise.

Pardon, pardon, madame, pardon, pardon!

LA MARQUISE, se levant.

Oui, pardon, demande pardon, fille dénaturée, qui as pris le fouet de la vengeance éternelle, et qui en as frappé ta mère au visage !

MARGUERITE

Grâce ! grâce ! je ne savais pas ce que je disais, ma

Page 1