‹ Théatre [sic]: Paul Jone, L'alchimisteChapitre 83 sur 178 · SCENE VIL LA MARQUISE, PAUL · texte numérisé non relu

SCENE VIL LA MARQUISE, PAUL

La marquise ferme la porte derrière ses enfants, fait quelques pas dans la chambre ; puis, sans regarder Paul, va s'appuyer sur le dos du fauteuil près de la table sur laquelle est le contrat.

LA MARQUISE, restant debout et les yeux baissés vers la terre.

Vous avez désiré me voir, monsieur, et je suis venue; vous avez désiré me parler, j'écoute.

PAUL, avec un accent plein de larmes.

Oui, madame, oui, j'ai désh'é vous parler : il y a bien longtemps que ce désir m'est venu pour la première fois, et ne m'est plus sorti du cœur. J'avais des souvenirs d'enfant, qui tourmentaient l'homme. Je me rappelais une femme que j'avais vue jadis se glisser jusqu'à mon berceau, et que, dans mes rêves juvéniles, je prenais pour l'ange gardien de mes jeunes années. Depuis cette époque si vivante encore, quoique si éloignée, plus d'une fois, madame, croyez-moi, je me suis réveillé en tressaillant, comme si je venais de sentir à mon front l'impression d'un baiser maternel ; puis, ne voyant personne près de moi, je l'appelais, cette femme, croyant qu'elle s'était éloignée et qu'à ma voix elle reviendrait peut-être. Voilà vingt ans queje l'appelle ainsi, madame ; et voilà la première fois qu'elle me répond. Serait-il

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