ACTE I, SCENE I
FRANCESCA
lis si, quand tu l'auras, de ton or ébloui, imme notre voisin, il est riche aussi, lui, ; vieux don Grimaldi... riche outre la mesure: ais son secret à lui c'est le prêt et l'usure, a, comme Flamel, des maisons, des villa, n'en savoir le nombre, et plus encore il a mtde vaisseaux chargés, des deux mers creusantronde. u'ils font de leur écume une ceinture au monde ! h bien ! à quoi lui sert ce splendide trésor? a figure jaunit à réfléchir cet or, •ue, pour son héritier dans quelque cave basse, olitaire et plaintif, sac sur sac il entasse, armi tous ses palais et toutes ses maisons, a choisi pour lui, tu connais ses raisons, Jon la nôtre, la nôtre est par trop somptueuse, lais celle qui la suit, pauvre maison honteuse, }ui, nuit et jour fermée aux regards des vivants, te laisse pénétrer que la pluie et les vents, }ui vont, pour le glacer, chercher son maître avide 'rès du foyer sans flamme ou dans un lit humide. )h ! si, quand tu seras, dis-moi, riche à ton tour, ^'avarice amaigrie, ami, venait un jour
Chasser de notre porte, aux malheureux connue, La pauvreté que Dieu nous montre à demi-nue, Pour que nous couvrions, à la face des cieux, Ses habits déchirés d'un manteau précieux : Alors, mon Fasio, cet or, cet or infâme, Comme il perdit la sienne, aurait perdu notre âme. Restons pauvres plutôt, et songeons que Jésus Parmi les indigents a choisi ses élus !
FASIO.
Oh ! ne demeure pas sur ce point abusée.
Que Dieu fasse pleuvoir la céleste rosée,
Et dans le champ ouvert à mes ardents désirs,
Chaque jour fleuriront quelques nouveaux plaisirs.
Demande seulement au ciel qu'il nous envoie
La force de porter une si grande joie !
FRANCESCA
Mon Fasio, pardonne à mes doutes chagrins ; Jusques à ces plaisirs, que veux-tu? je les crains. Tu sais, tout séparés que nous sommes du monde. Quelle est ma jalousie inquiète et profonde ! Oh ! que je serais donc plus malheureuse encor Si tout autour de toi, séduites par ton or, Je voyais se presser, ô pensée importune !