SCÈNE VII
les mêmes, ANDRÉ, JACQUES, Domestiques.
MADAME DE MÉKAN.
D'où vient ce bruit, Alphonsine?
ALPnONSINE.
Ali ! mon Dieu! maman, ce sont deux pauvres gens que les domestiques de monsieur de Saint- Alban repoussent.
SAINT-ALBAN-
Us mat tort, je ne souffrirai pas...
'Il va vers eux.
ANDRÉ
Ma belle demoiselle, un petit sou, s'il vous plaît ?
Je prierons bien le bon Dieu pour vous, mademoiselle.
SAINT-ALBAN
Laissez approcher... Est-ce là ce que je vous ai recommandé? Apprenez qu'on ne saurait jamais avoir trop d'égards pour les malheureux.
MADAME DE MERAN, à sa Glle.
Tu l'entends... son cœur est excellent.
ALPHONSINE , à part.
Oui., s'il est sincère.
MADAME DE MÉRAN
Alphonsine, as- tu ta bourse?
ALPHONSINE
Oui, maman, je vous comprends... Tenez, mes bons amis...
ANDRE et JACQUES.
Ah! merciMina belle demoiselle; merci, not' bonne dame!
SAINT-ALBAN-
Je veux aussi contribuer à leur bonheur ; prenez.
ANDRÉ
Ah! mon Dieu! de l'or! et ce serait pour nous?
JACQUES
Pour notre pauvre père ?
SAINT-ALBAN
Oui, mes amis
JACQUES-
Oh ! bien obligé, not' bon seigneur !
ANDRÉ
Le ciel puisse-t-il vous le rendre un jour ! . . . Si ces messieurs et ces dames vouliont, je leur ferions voir notre optique qu'est là sur le dos de Jacques ?
MADAME DE MÉRAN
Merci, mon ami.
ANDRÉ
C'est que, voyez-vous, c'est pas une optique comme les autres. Il n'y a pas que madame la Lune et monsieur le Soleil .. il s'agit d'une fameuse histoire...
ALPHONSINE, à madame de Méran.
Ils m'intéressent!
SAINT-ALBAN ( aux savoyards.) Une autre fois .. (aux domestiques.) Avec la permission de madame, conduisez-les à l'office, et qu'on ait bien soin d'eux avant qu'ils ne se mettent en route.
ANDRÉ
Ah! le bon seigneur!... Merci, not' bon seigneur.. Dieu! si je pouvons jamais reconnaître tant déboutés!... je nousmettrons en quatre, pas vrai, Jacques ?