FORCES
Cent n.ille francs, dont toi seule peux disposer. Confie-moi cette somme jusqu'à demain seulement, demain je te rendrai le double.
AMÉLIE
Ciel! qu'osez-vous me proposer?... C'est lunique avenir de mon fils !
GEORGES
Demain, tedis-je!...
Vous joueriez aujourd'hui, et demain mon fils serait sans pain.
GEORGES
Amélie, ne suis-je pas votre époux? Et si j" l'ordonnais?...
AMÉLIE
Georges, je suU sans défense, vous pouve prendre ma vie; mais vous ne me ferez jamai déshériter mon fils.
GEORGES
Tu préféreras donc me voir monta iui I ■• thafaud?
AMÉLIE
Ciel!... que dites-vous? L'échafaud!
1 RENTE ANS
GEOROES.
Oui; apprends enfin, puisqu'il le faut, appicritU que, poussé par le besoin, la ra^e et le de»e5poir, un jour. . un jour à jamais fatal, où le sort m'accablait, où j'étais sans ressource, l'ai fait des faux.
AMÉLIE
Ah ! Ion père avait prédit dans sa malédiction que tu finirais par un crime!
GEORGES, lui saisissant le bras.
Malheureuse!...
AMÉLIE
Grâce ! grâce!...
( Valentin et Louise , attirés pur les cris , accourent. ) VALENTIN et LOUISE.
Madame!
GEORGES
Qui vous appelle?
VALENT!*
Monsieur, j'ai cru entendre...
LOUISE
Il m'a semble que madame appelait.
GEORGES
Non , retirez-vous.
AMÉLIE
Laissez-nous, mes ainis... vous vous êtes trompés; nous desirons être seuls.
( Valentin et Louise se retirent. ) GEORGES.
Vous connaissez maintenant toute la vérité; oui, de fausses lettres de change, portant nn nom que j'ai tracé... Demain...
améi.i::.
Vous me glacez... Quelle est la somme?
GEORGES
Celle à pe.'i près que vous possédez.
Autant!... m-and Dieu!
GEORGES
Si ce soir même, je ne retire ces effets, qu'on m'a promis de tenir en dépôt, demain à l'échéance , je suis perdu.
AMELIE.
Oui, perdu!
GEORGES , tirant un papier de sa poche.
J'ai préparé cet acte... c'est un pouvoir donné par vous à Warner.
AMÉLIE
A Warner!...
GEORGES, De retirer, en votre nom, les fonds qui vous appartiennent, des mains de votre banquier.
AMÉLIE
O mon fils !
GEORGES
Moi, je ne puis paraître... Amélie, vous voyez ma position desespérée; signez cet acte, ou ici même, à vos yeux, je me donne la mort.
AMELIE.
Arrêtez !... Ali ! pouvez-vous craindre que je vous hisse conduire à IVrhafaud 1
Tu consens?...
AMKLIK.
Donnez... en vous évitant l'infamie, je suive aussi mon Albert.
( Elle va au ïtreélaire , et signe. ) GEORGES, à part.
Elle signe!
AMELIE, lui rendant l'acte.
Tenez, coure/.; détruisez les preuves de votre crime... Georges, je ne vous demande pour récompense que de renoncer au jeu.
GEORGES
Pour jamais, chère Atr.elie. (Il appelle.) Valentin ! me< gens!
(Valentin Bt les domestiques viennent par le fond.—
LouUe vient aussi. )
AMÉLIE
Que voulez-vous?...
GEORGES
Plus d'alarmes, notre sort changera bientôt. (Aux domestiques. ) Valentin , faites préparer le grand salon, qu'il soit richement décoré. J'ai du monde, <e soir; je donne! une fêle.
AMÉLIE
Une fête!... au moment...
GEf'.F.r.K-.
II iallait earher ma détresse... tout le inonde est invité ; il y aura bal e; concert; ne craignez point la dépense, dans une heure j'apporterai de l'or. Adieu, chère Amélie.
AMÉLIE
Au nom du ciel ! courez retirer les effets...
GEORGES
Oui ; j'ai le temps. (A part.) Avant, j'aurai douiilé cette somme. J'ai trop perdu la nuit dernière pour n'être pas heureux ce matin. Warner m'attend, courons!... (Haut.) Au revoir , Amélie. Qu'on s'occupe de ma fête.
( Il sort; les domestiques suitent. )
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