SCÈNE XIII
aMLLIE, DERMONT, LOUISE ; puis, après, RODOLPHE.
(Caries est dans l'étui.) AMELIE.
Ciel! mon oncle!... vous, dans ce moment! Quel motif vous amène au milieu de la nuit? tjuel malheur venez-vous m'apprendre?
DERMONT
On malheur... oui, un malheur irréparable. Du courage, mon Amélie; on ne peut te cacher ton sort. Georges est perdu , s il ne fuit... il a commis des faux !...
Ah ! je m'attendais à ce coup terrible. Tout est donc découvert?
DERMONT
Tu savais...
AMÉLIE
l)'aujourd'uui seulement.
DERMONT
Et d'aujourd'hui seulement , son crime est connu. Un misérable usurier, entre les mains duquel ton coupable époux avait remis des valeurs supposées, s'est pi ésenté chez le banquier, dont le nom figure sur ces fausses lettres de change; le banquier voit In fraude, arrête les effets, appelle la justice; el bientôt il résulte dus aveux de I usurier que ces taux criminels sont de- la main de M. Georges dt Germ.;nv.
AMÉLIE
Ali' pv n oncle! secourez-le.
DERMOHT.
Oui, pour toi , pour ton fils... mais il faudrait à l'instant le trouver, l'avertir...
AMÉLIE
Hélas! je ne sais... Ah! malheureuse!
LOUISE, accourant.
Madame, un étranger qui dit avoir quelque chose d'important à vous apprendre, demande à vous parler sur-le-champ ; il se réclame de M. Dermont.
DERMORT , à sa nièce.
Ne vous alarmez pas, c'est mon ami, c'est Rodolphe d'Héricourt... ( Louise sort.) C'est moi qui l'ai prié de venir m'annoncer ce qu'il pourrait m'apprendre. Rodolphe te servira avec autant de zèle que moi-même.
LOUISE, l'amenant.
Le voici.
RODOLPHE, à Amélie.
Daignez me pardonner...
DERMONT
Ma nièce connaît aéjà le motif qui vous guide; parlez, que savea-vous?
RODOLPHE , à Amélie.
Il ne reste à monsieur votre époux que cet instant pour échapper aux mains de la justice. L'ordre est donné de s'emparer de sa personne; déjà la prison s'ouvre, demain votre époux sera dans les fers.
AMÉLIE
Ah! je succombe à l'effroi, à l'horreur que j'éprouve.
RODOLPHE
Madame...
AMÉLIE
Au nom de Dieu ! q^e faut-il faire?
DERMONT
Il faut te réfugier dans mes bras. Déjà ton Albert est devenu ton fils ; prends aussi pour toi-même un parti que ta sûreté commande; mets un terme a tes souffrances , abandonne...
Jamais !...