‹ ThéâtreChapitre 119 sur 846 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

Les Mêmes, GEORGES.

GEORGES , en dehors.

Ouvrez, ouvrez, Amélie!

WARNER

Malédiction !... c'est Georges.

AMELIE, revenant à elle.

Ah! mou époux !

GEORGES , avec force.

Ouvrez, ouvrez, vous dis-je, Amélie!... ■

AMÉLIE, à Warner.

Fuyez , fuyez !

WARNER

Je ne le puis... mais là... silence! (il couit éteindre les lumières.) Songez que VOUS êtes <ic.shonorée, si vous me trahissez!

(Il se jette dans l'étui de harpe. ) GEORGES.

Je vous ordonne d'ouvrir, ou je brise la porte.

; Il l'ébranlé. )

AMELIE.

Ah! c'est ma mort!...

( Elle va pour ouvrir , mais elle chancelle , et tombe sans connaissance près de la toilette. — Georges , enfonçant la porte, entre , et se débarrasse de son manteau. )

GEORGES

Personne!... l'obscurité, le silence!... Il m'a semblé pourtant entendre des voix; mon imagination m'a trompé... Amélie repose sans doute. Ou ignore donc encore ma perte, ma ruine, le danger qui m'environne?... C'en était fait, sans le hasard qui m'a fait découvrir... et "Warner m'abandonne dans cet horrible moment! et par un sort fatal, de nouveau j'ai perdu!... exécrable destin! Allons, il faut fuir à l'instant! fuir... seul?... non, Amélie doit me suivre; queHe serait ma consolation?... Ah! je sens qu'elle m'est toujours chère ; je suis cei tain qu'elle m'aime; elle me suivra par-tout... Il faut l'arracher au sommeil, (il va vers le lit, et rencontre sous ses pieds l'épée de Warner. ) Quel objet!... (il se baisse et ramasse l'épée.) Une épée ! juste ciel!., d'où vient ce fer, il ne m'appartient pas... quelqu'un est donc entré che/. moi? .. Oui, je me souviens... Cette porte était fermée en dedans ; j'ai entendu des voix, on

s'est tu quand j'ai frappé... Ah ! révélation de l'enfer! je suis trahi, trahi par elle! à l'instant où le destin m'accable!... Malheur, malheur aux traîtres! dans la fureur qui m'anime, je me vengerai dans leur sang! Amélie! Amélie!... ( II ouvre les rideaux, parcourt la chambre, et arrive au fauteuil près duquel elle est évanouie.) La voilà!... glacée! mourante!... (Il la saisit par le bras, et la relève. ) Amélie !

AMELIE revenant à elle-même.

Ah! mon époux !... grâce ! grâce !...

( Elle tombe a genoux. ) GEORGES.

Grâce, dis-tu! ce mot te condamne, tu es coupable !

AMÉLIE

Non, non... mais je tremble... fuyez! (Voyant Georges regarder autour de lui.) Ne cherchez pas; il n'est plus ici.

GEORGES

Il n'es» plus ici... misérable ! vois ce fer sur la lète, et réponds à ton juge... Quel est ton indigne amant?

AMÉLIE

Je n'ai point d'amant.

GEORGES

L'infâme qui élait ici?

AMÉLIE

Je n'ose; vous verseriez son sang!

GEORGES

Oui, je le verserai!... il t'appartenait bien de vanter tes vertus, de condamner mes torts, mes égarements; toi, perfide, épouse adultère ! qui profites de ma perte pour r.onsommei 'a plus lâche des trahisons! oui, ton infâme complice périra sous tes yeux. Où se dérobe-t-il?

AMÉLIE

Je ne sais... j'ai voulu mourir, je n'ai plus rien vu.

GEORGES

Il est ici; il n'en sortira pas vivant! Où te dérobes-tu?...

(Il parcourt la chambre, et va ébranler la porte de l'escacaiier dérobé. )

AMÉLIE, s'allachant à lui.

Mon ami! mon ami!...

GEORGES , voulant ouvrir la porte de l'escalier dérobé.

Cette clef?...

AMÉLIE

Je ne l'ai pas... Fuyez!

GEORGES, la repoussant avec fureur.

Fuis toi-même, si lu veux conserver ta vie.

; Il enfonce la pnrlc el disparaît.)

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