‹ ThéâtreChapitre 139 sur 846 · JOUR NE F · texte numérisé non relu

JOUR NE F

GEORGES, avec explosion.

Tais-toi ' ta M l'esprit infernal qui vient ten- (ii m i misère et mon désespoir | déjà le son de ta voix fait palpiter mon cœur, déjà le feu de l'enfer pénètre dans mon sein avec tes paroles : va-t'en!

\v\i.Ni:n.

Georges, écoute-moi.

GEORGES, dans une sorte de rêverie.

Non , va-t'en , te dis-je ! tu es le génie de ma damnation. N'ai -je pas déjà commis trois meurtres? Ne vois-tu pas devant nous le corps livide que nous venons d'ensevelir? n'entendsje pas le dernier gémissement de mon père? Être infernal, qu'exiges-tu encore? n'ai-je pas rempli la mesure, ne suis-je pas descendu dans la nuit éternelle!

(Il tombe assis, renversé sur la table , et comme sans connaissance.— L'orage, la pluie, le vent, augmentent à chaque instant.)

WARNER

Malheureux !... reviens à toi... tu es dans le délire... Georges !...

( Il saisit son bras. )

GEORCES, comme se réveillant.

Ah !... où est ma femme ?

WARNER

Loin d'ici.

CEORCES.

Ma fille?

WARNER

Sur les pas de sa mère.

GEORGES

Mon fils?

WARNER

Il y a quinze ans que tu n'en as plus. Georges , reviens donc à toi ; rappelle tes sens... GEORGES, se levant d'un air terrible.

Oui! tu veux que j'assassine l'étranger qui est là !

WARNER

Il fait nuit , il est seul... Un million !... Jamais on ne saura que ce jeune étranger s'est arrêté ici.

GEORGES

Amélie l'a reçu.

WARNER

Tu diras que tu l'as renvoyé.

GEORGE.-

Il restera des traces.

( Le tonnerre redouble, il éclate. ) WARNER.

Attends!... l'orage redouble; il éclate audessus de nous... Si la foudre tombait sur la cabane, si tout était consumé , en serions - nous responsables?

GEORGES

Quel dessein !

WARKER.

Regarde... es planches tombent en pous- | sière; le vent allumera l'incendie comme un

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