JOUR NE F
GEORGES, avec explosion.
Tais-toi ' ta M l'esprit infernal qui vient ten- (ii m i misère et mon désespoir | déjà le son de ta voix fait palpiter mon cœur, déjà le feu de l'enfer pénètre dans mon sein avec tes paroles : va-t'en!
\v\i.Ni:n.
Georges, écoute-moi.
GEORGES, dans une sorte de rêverie.
Non , va-t'en , te dis-je ! tu es le génie de ma damnation. N'ai -je pas déjà commis trois meurtres? Ne vois-tu pas devant nous le corps livide que nous venons d'ensevelir? n'entendsje pas le dernier gémissement de mon père? Être infernal, qu'exiges-tu encore? n'ai-je pas rempli la mesure, ne suis-je pas descendu dans la nuit éternelle!
(Il tombe assis, renversé sur la table , et comme sans connaissance.— L'orage, la pluie, le vent, augmentent à chaque instant.)
WARNER
Malheureux !... reviens à toi... tu es dans le délire... Georges !...
( Il saisit son bras. )
GEORCES, comme se réveillant.
Ah !... où est ma femme ?
WARNER
Loin d'ici.
CEORCES.
Ma fille?
WARNER
Sur les pas de sa mère.
GEORGES
Mon fils?
WARNER
Il y a quinze ans que tu n'en as plus. Georges , reviens donc à toi ; rappelle tes sens... GEORGES, se levant d'un air terrible.
Oui! tu veux que j'assassine l'étranger qui est là !
WARNER
Il fait nuit , il est seul... Un million !... Jamais on ne saura que ce jeune étranger s'est arrêté ici.
GEORGES
Amélie l'a reçu.
WARNER
Tu diras que tu l'as renvoyé.
GEORGE.-
Il restera des traces.
( Le tonnerre redouble, il éclate. ) WARNER.
Attends!... l'orage redouble; il éclate audessus de nous... Si la foudre tombait sur la cabane, si tout était consumé , en serions - nous responsables?
GEORGES
Quel dessein !
WARKER.
Regarde... es planches tombent en pous- | sière; le vent allumera l'incendie comme un