‹ ThéâtreChapitre 138 sur 846 · GEORGES, WARNER, GEORGETTE · texte numérisé non relu

GEORGES, WARNER, GEORGETTE

OEORGETTE.

Ah ! c'est papa !

( Georges et Warner rentrent précipitamment. — Georgette tient la main de son père, et l'attire vers la chambre où est Albert. Warner va déposer sa besace et son bâton sur la table. ) ■

WARNER, apercevant sur la table le manteau et le chapeau d'Albeit.

Qu'est-ce que cela?

GEORGETTE, à son père.

Ne fais pas de bruit...

GEORGES

Pas île bruit!.. Pourquoi?

WARNER , voyant l'or.

De l'or!...

GEORGETTE, répondant à son père.

Parce que tu arrangerais le voyageur qui est arrivé.

GEORGES

Un voyageur?

GEORGETTE

11 est là... il écrit., tiens, vois.

GEORGES , regardant.

Un militaire! je ne veux pas...

WARNER, lui saisissant la main et l'attirant vers la table.

Chut ! regarde !...

GEORGES

Que signifie?...

( L'orage continue à gronder. ) WARNER , à Georgetto.

Cet or est-il à lui?

GEORGETTE

Non, il est à moi; c'est lui qui me l'a donné.

( Warner va rapidement vers la chambre où est Albert , pour y jeter un coup d'œil.)

GEORGES

Donné!., tout cela? il est donc bien riche?

GEORGETTE

Oh ! bien riche ! c'est-à-dire un million.

GEORGES et WARNER.

Un million !...

CEORGETTE.

11 a dit à maman qu'il avait un million dans

un grand portefeuille, et c'est bien vrai, car maman l'a vu, et moi aussi. Tiens, vois-tu. dans ce portefeuille , à côté de sa main.

WARNER, regardant.

Oui !...

GEORCES.

Et d'où vient donc cet inconnu si riche ?

GEORGETTE

Je ne sais pas.

GEORGES

Qui l'a reçu?

GEORGETTE

Maman.

Et où est-elle, ta mère?

GEORGETTE

Elle est sortie pour aller te chercher à l'ermitage.

GEORGES

Seule?... il faut...

WARNER, l'arrêtant en lui saisissant le bras.

lOllt-à - l'heure! (Georges demeure immobile, l'œil fixé sur la table. — Georgette veut preiu'rc son carreau et entrer dans «i chambre; mais Waruer l'arrête.) Laisse ton carreau, va te mettre au bord du chemin de la montagne, si>us la grande roche. Ta mère ne tardera pas à revenir de l'ermitage; tu nous avertiras dès que tu l'apercevras.

GEORGETTE

Pourquoi n'allez -vous pas plutôt chercher maman ?

WARNER

L'ermite la ramènera.

OEORGETTE.

Mais...

WARNER

Allons! ton père le veut ! Fais ce qu'on t'ordonne, et ne rentre pas ici que ta mère ne soit revenue. (Warner la prend par la main et la methors de la cabane, en lui indiquant l'endroit où elle doit rester. — En revenant, il ferme doucement la porte du cabinet noir. — Georges n'a point bougé.) Georges, que disions-nous tout- à - l'heure en remontant le chemin creux? Restons ensemble, attendom une occasion ; ne la laissons pas échapper ; et, quand nous aurons assez d'or, nous nous rendrons en Italie, nous exécuterons le nouveau plan que je t'ai confié, et nous deviendrons bientôt plus riches que des souverains... Eh bien! Georges, l'occasion est venue.

GEORGES, immobile, l'air morne, le regard fixe.

L'occasion?

WARNER

Oui; l'instant est décisif.

GEORGES

Je ne te comprends pas:.

WARNER

Au contraire, Georges, tu m'entends bien. Regarde nos haillons, songe à ce que je t'ai dit, vois dans nos mains un million!

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