GEORGES, WARNER, GEORGETTE
OEORGETTE.
Ah ! c'est papa !
( Georges et Warner rentrent précipitamment. — Georgette tient la main de son père, et l'attire vers la chambre où est Albert. Warner va déposer sa besace et son bâton sur la table. ) ■
WARNER, apercevant sur la table le manteau et le chapeau d'Albeit.
Qu'est-ce que cela?
GEORGETTE, à son père.
Ne fais pas de bruit...
GEORGES
Pas île bruit!.. Pourquoi?
WARNER , voyant l'or.
De l'or!...
GEORGETTE, répondant à son père.
Parce que tu arrangerais le voyageur qui est arrivé.
GEORGES
Un voyageur?
GEORGETTE
11 est là... il écrit., tiens, vois.
GEORGES , regardant.
Un militaire! je ne veux pas...
WARNER, lui saisissant la main et l'attirant vers la table.
Chut ! regarde !...
GEORGES
Que signifie?...
( L'orage continue à gronder. ) WARNER , à Georgetto.
Cet or est-il à lui?
GEORGETTE
Non, il est à moi; c'est lui qui me l'a donné.
( Warner va rapidement vers la chambre où est Albert , pour y jeter un coup d'œil.)
GEORGES
Donné!., tout cela? il est donc bien riche?
GEORGETTE
Oh ! bien riche ! c'est-à-dire un million.
GEORGES et WARNER.
Un million !...
CEORGETTE.
11 a dit à maman qu'il avait un million dans
un grand portefeuille, et c'est bien vrai, car maman l'a vu, et moi aussi. Tiens, vois-tu. dans ce portefeuille , à côté de sa main.
WARNER, regardant.
Oui !...
GEORCES.
Et d'où vient donc cet inconnu si riche ?
GEORGETTE
Je ne sais pas.
GEORGES
Qui l'a reçu?
GEORGETTE
Maman.
Et où est-elle, ta mère?
GEORGETTE
Elle est sortie pour aller te chercher à l'ermitage.
GEORGES
Seule?... il faut...
WARNER, l'arrêtant en lui saisissant le bras.
lOllt-à - l'heure! (Georges demeure immobile, l'œil fixé sur la table. — Georgette veut preiu'rc son carreau et entrer dans «i chambre; mais Waruer l'arrête.) Laisse ton carreau, va te mettre au bord du chemin de la montagne, si>us la grande roche. Ta mère ne tardera pas à revenir de l'ermitage; tu nous avertiras dès que tu l'apercevras.
GEORGETTE
Pourquoi n'allez -vous pas plutôt chercher maman ?
WARNER
L'ermite la ramènera.
OEORGETTE.
Mais...
WARNER
Allons! ton père le veut ! Fais ce qu'on t'ordonne, et ne rentre pas ici que ta mère ne soit revenue. (Warner la prend par la main et la methors de la cabane, en lui indiquant l'endroit où elle doit rester. — En revenant, il ferme doucement la porte du cabinet noir. — Georges n'a point bougé.) Georges, que disions-nous tout- à - l'heure en remontant le chemin creux? Restons ensemble, attendom une occasion ; ne la laissons pas échapper ; et, quand nous aurons assez d'or, nous nous rendrons en Italie, nous exécuterons le nouveau plan que je t'ai confié, et nous deviendrons bientôt plus riches que des souverains... Eh bien! Georges, l'occasion est venue.
GEORGES, immobile, l'air morne, le regard fixe.
L'occasion?
WARNER
Oui; l'instant est décisif.
GEORGES
Je ne te comprends pas:.
WARNER
Au contraire, Georges, tu m'entends bien. Regarde nos haillons, songe à ce que je t'ai dit, vois dans nos mains un million!