‹ ThéâtreChapitre 145 sur 846 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

BAGUENAUDAIS, DRICK.

BAGUENAUDAIS. Pour des êtres qui ne sont pas civilisés, je les trouve très pubs, vos nègres...

DRICK. Par quel hasard vous voit-on aujourd'hui à la fabrique?

baguenaudais. Je précède en coureur sir Thomson, notre maître, qui vient ici en partie de plaisir, avec mesdemoiselles Jenny et Clémentine, ses deux filles, et son gendre futur, Richaid Burin tt...

DRICK. Ah! on vous emmène aux promenades; vous êtes bien heureux !

BAGUENAUDAIS. Eli bien, oui... mais je ne suis pas encore contint: ce n'éiait pas pour en arriver là que j'avais qniué Paiis, il y a deux ans. Avez-vous lu RoLinson Crusoé, monsieur Drick?

DRICK. Jamais.

baguenaudais. Alors vous ne connaissez

pas l'auteur de tous mes maux. Figurezvous que ce scélérat de Robmson a lait le charme de ma jeunesse, tt m'inspira la passion frénétique des voyages, le désir insurmontable de m 'embarquer pour faire fortune. L'intéressante Gibecienne, c'est une aune passion frénétique ; la jeune et belle Gibecienne, dis-je, née avec un cœur sensiblp, se trouva un jour éprise de moi; je lui offris ma main, elle médit : Amassetoi un magot, mon garçon, et je t'épouserai. Là-d< ssus, je lui fis jurer fidélité, et je pai tis un beau matin avec un ami qui éprouvait comme moi le besoin d amasser des richesses M< n ami avait de l'intelligence, moi, j'avais empoité la tirelire à maman. La traversée fut heureuse; mais au bout de six mois d<- spéculations fort ingénieuses, ma peiite fortune se trouva mangée, et je resiai à la Jamaïque, sans argent et même sans intelligence, car la fièvre jaune avait empoité mon associé.

DRICK. C'est alors que vous avez trouvé une place de valet de chambre chez notre riche planteur, sir Thomson?

BAGUknxuoais. Sans doute; mais il est dur de se trouver domestique quand on s'était arrangé pour être millionnaire; aussi j'économise sur mes gagps pour in'acheier un nègre. Je serai toujours domestique, c'est vrai ; mats il fera mon ouvrage. N'estce pis que c'est bien imaginé? Quand j'en serai là , vous m'aiderez à choisir dans votre magasin.

DRICK. Jp pourrai vous adresser à Brulari, celui qui fournit oïdiuairement des esclaves à notre habitation.

bagukvw dais. Tiens, comme ça se trouve; je viens de le rencontrer, il est débarqu»' ce matin à l'anse INelson avec une pacotille; il doit venir ici, parlez-lui pour moi.

Ditir.R. Parbleu, le voilà justement, il vient foi ta piopos. J'ai à lui laver la tête, à cp fripon de négrier.

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