SCENE VIII
JENNY, BAGUENAUDAIS, sortant de l'habitation.
baguenaudais. Me v'ia bien on me donné mon congé ; qu'est-ce que je vas devenir? Comme c'est commode de se trouver sur le pavé à la Jamaïque.
JENNY. Qu'as-tu donc, mon ami?
baguenaudais. J'ai , mademoiselle , que M. votre père vient de dire à tous ses domestiques : « Mes enfans , je n'ai » plus assez de fortune pour payer vos ser- » vices, cherchez un autre maître, ou re- » tournez chez vous. » Retourner chez soi, c'est gentil, quand on a deux mille lieues à faire; scélérat de Robinson Crusoé! c'est pourtant lui qu'est cause de tout ça.
jenny. T\lon ami, je supplierai mon père de te garder ; je comprei ds qu'il diminue le train de sa maison : depuis près d'un an il a fait des pertes si considérables.
BAGUENAUDAIS. C'est vrai qu'il a eu du guiguon depuis quelque temps : il a été obliger de supprimer jusqu'au commaa-
MAGASIN lUKAÏflAL.
deur à qui il ne restait plus d'esclaves à battre.
jenny. Quelque complète Tue soit notre ruine, j'en éprouve une secrète joie; elle a éloigné sir Richard.
baguenaudais. Aproposde sir Richard, j'ai là pour lui une lettre de monsieur votre père.
JENNY. Une lettre à sir Richard !
BAGUENAUDAIS. Quoiqu'on me supprime , je veix faire mon service jusqu'à la fin. Ali ! v'ià Atar-Gull... il ne risque rien de faire aussi son paquet; car je suis sûr que sir Thomson le vendra un de ces quatre matins.
jenny. Le vendre ! lui, Atar-Gull !
baguenaudais. Et il en aura un bon prix ; il a une santé de fer, ce gaiçon-là... Tous ses camarades sont morts, et il n'a pas même attrapé la fièvre. Adieu, mademoiselle ; je vais tâcher de me louer quelque part. O ma rue Tirechape , où es-lu?
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