SCENE XV
Les Mêmes, THOMSON.
Thomson. Laisse-nom-, Atar-Gull.
atar-gull. Oui , maître.
11 M>rt.
jenny, à part. O mon Dieu! aurai-je assez de force...
tiiomson. Ma fille ! pourquoi es-tu sortie du salon?
jenny. Parce que j'y avais aperçu sir Richaid.
TUOMSON. Eh bien! ne devais-tu pas t'attendre qu'un jour il viendrait réclamer l'exécution de ma promesse?
JENNY. 11 est donc vrai!
THOMSON. J'ai donné un prétexte à ta brusque sortie... Mais la rédaction du contrat doit loucher à sa fin... Jenny... on nous attend. Viens... mais qu'as- tu donc? tu pàhs, tes genoux chancellent!
JENNY. Je ne puis aller plus loin.
THOMSON. Jenny, ma fille!
JENNY, tom/iunt à ses genoux. Mon père.. . je n'épouserai pas sir Richard.
THOMSON. Qu'entends-je?
jenny. Ah! vous allez me maudire; et pourtant je suis bien malbejwc use.
ATAR-GCLT.
TIIOMSON. Te maudire, toi, Jenny, toi l'unique enfant que le ciel m'ait laissée; oh ! non, ton père a d'autres armes en son pouvoir; relève-toi, nia fille, ne crains plus... et viens sur mon cœur , là nous nous entendrons mieux.
ji.xxy. Mon père, ne me parlez pas ainsi ; c'était votre bonté que je redoutais Lien plus que votre colère, mais j'en suis indigne, je vous l'ai dit , mou père : jamais je ne consentirai...
THOMSON. Ecoute, enfant, je comprends a répugnance , 1 ombre de notre Clémentine, n'est-ce pas, se place entre Ricliard et toi ? Eh bien , ma Jenny, si par un miracle Clémentine pouvait soulever ce marbre et t'apnaraitie, elle aussi tomberait à genoux, te dirait : « Jenny, après moi, tu as hérité » de la part d'amour que mon père m'a- » vait faite, sur toi se sont amassées toutes » ses affections, toutes ses espérances, toi » seule tu l'attaches encore à la vie; Jen- » ny, ton refus, c'est le déshonneur, et le » déslionneur pour lui , c'est la mort! »
JEXNY. Le déslionneur !
THOMSON. Tiens, ma fille, prends cette lettre qu'hier j'ai reçue de sir Richard; tu verras si je puis me délier de ma promesse.
je\NY. Que vois-je!.. il réclame ma main ou cette habitation, seul bien qui vous reste , mon consentement ou votre ruine.
THOMSON. Maintenant, Jenny, prononce, il dépend de toi que mes derniers jours s'éteignent sans que je connaisse la mi -ère; la misère ! oh ! je te l'avoue, elle m'effraie ; à plus jeune elle pèse; à mon âge, elle tue!
JENNY, a elle-même. O mon Dipu! mais c'est affreux. .. moi, l'épouse de Richard, Richard !... C'est impossible ! et pointant il le faut; oui, mon père, car entre mon malheur et le vôtre, votre fille ne balancera pas; mais son cœur esi biisé, mais sa tète se perd : ah! mon Dieu! que je voudrais donc mourir!
THOMSON, arec résignation. Calme-toi, ma Jenny, je n'exige plus rien : que la volonté de Dieu soit laite. Je vais...
JEWY, qui semble uvoir pris une résolution. Attendez, attendez, je vous prie.
THOMSON. Que dis-tu?
JEXNY. Oui, oui, le ciel a pris pitié de nous , une pensée m'est venue , qui nous sauve tous les deux.
thomson. Quelle est-elle?
jenny. Richard est là, allons le trouver, vous tiendrez votre parole, mon père, et le malheur n'écrasera pas votre vieillesse ;
venez , venez , j'ai hâte d'éloigner de vous la misère.
THOMSON. Mais apprends-moi...
jenny, sautant a son cuu. Mon père, mon bon père, embrassez votre fille, ei ne pleurez pas sur elie... son cœur n'est plus déchiré, sa tète n'est plus en feu; voyez, plus de désespoir, plus de larmes dans ses yeux, elle est heureuse. Oh! merci, Clémentine, merci, car c'est de toi que m'est venue cette pensée.
BAGUENA CD Aïs . tifsvendantle perron . Pardon si je vous dérange ; mais sir Richard s'impatiente, et il m'envoie. . .
JENNY. Vous l'entendez...
THOMSON. Ne saurai- je pas avant...
jenxy. On nous attend.
THOMSON. Mais quel est ton espoir?
jexny, à part. Atar-Gull!.. (Huut.)Ye*.
nez, venez, mon père.
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