‹ ThéâtreChapitre 201 sur 846 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Les Mêmes, HORTENSE.

CECILE, avec véhémence. La voici!...

{El c iuu/1 à Hortense cl Vcntraùie par la

main auprès de l'Abbcsse.) N'est-ce pas, Hortense, que tu n'es pas coupable?...

Oh ! dis-leur, car je lis dans leurs physionomies qu'elles nu veulent pas me croire.

hortense. Dieu ! est-ce que je serais soupçonnée?

CÉCILE. Elles seules t'accusent: mais mon cœur est garant du tien... Oh! ne pleure pas ; je te défendrai contre leur méchanceté. {A l'Abhessr.) Ne la condamnez pas sans m'entendre encore : il n'y a aucune preuve contre elle, et on ose l'accuser, elle la plus sage, la plus digne d'estime, la meilleure de nous toutes! l'abbesse. Calmez-vous, mesenfans; je serai juste envers toutes. Les recherches que l'on fait dans ce moment m'éclaireront , et, quelle que soit la coupable, sa faute, pour l'honneur de la pension, restera ignorée ; mais je déclare que je ne crois pas cette jeune fille capable de ce dont on l'accuse... Les notes que jereçois sur sa conduite sont trop favorables pour qu'on la puisse soupçonner d'unetelle bassesse, quoiqu'elle ait pourtant fourni des armes contre elle, en laissant penser qu'elle avaitl'intentionde retirer quelque objet de son pupitre... Pourquoi, Hortense, avezvous hésité à sortir en même temps que vos compagnes ?... pourquoi vos larmes coulent-elles?...

On entend en dehors Madelon crier : Réparation !

L'Abbesse se retourne. Laure s'approche d'Hor-

tense.

laure, bas. Je vais tout dire.

HORTENSE, bas à Laine. Tais-toi.

SCÈINE IX.

Les Mêmes, LA SOUS - MAITRESSE, MADELON.

MADELON , criant. Réparation ! réparation!...

la sous-maîtresse. Madelon, tais-toi donc.

madelon. C'est que, voyez-vous , chez les capucins . quand on s'était trompé, on disait comme cela: Réparation, répara...

tion!

LA SOUS-MAITRESSE , à Désirée. Soyez une autre fois moins étourdie, mademoiselle, et surtout moins prompte à accuser vos compagnes. {Montrant le porte-crayon.) Le porte-crayon était dans un étui d'éventail que vous aviez dans votre tiroir, {allant à Hortense.) Et toi , Hortense, quand tu te chargeras de faire les pénitences d'une paresseuse, tâche de ne pas garder son cahier dans ta table, où je l'ai trouvé, car le mouvement généreux qui t'a portée à le cacher a donné des soupçons.

LE MAGASIN THEATRAL

labbesse. Serait-il vrai, ma pauvre enfant?. ..

lalre. Hélas! oui, madame, c'était pour m'épargner la honte qne là bonne Hoitense s'est exposée à être soupçonnée.

MADELON , à Lauie. Fi ! la grande paresseuse !

CECILE. Eh bien ! madame, ne le disaisje pas, qu'elle était la meilleure de nous toutes ?

MADELON. C'estben vrai!... ça a toujours été mon avis.

l'abbeSSE, à Cécile, et à Horlen.se . Embrassez-moi, mes enfans: le bon cœur de l'une et la générosité de l'autre vous rendent également dignes de mon affection.

Quant à vous, mesdemoiselles, retirez une leçon de cet incident qui vient de se passer; et puisse-t-il former entre vous et Hoitense un lien d'attachement sincère!

hortense. 0 ma Cécile! je n'oublierai jamais la confiance que ton cœur a mise en moi.

l'abbesse. Allez, mes enfans, reprendre le cours de vos travaux.

MADELON, à Horlense. C'te bonne mamzelle!... je savais bien, moi, que ça finirait comme ça... Y a-t-il du bon sens seulement, d'accuser une jeune fille sur une simple idée?... Enfin, c'est fini, Dieu merci!... et je peux dire que je vous ai joliment servie.

On entend deux tintemens de cloche.

LA SOCS-maitresse. Une visite pour madame la Supérieure... Le comte de Clainville.

Cécile. Mon père!...

Elle sort.

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