‹ ThéâtreChapitre 202 sur 846 · M. DE CLAINVILLE, L'ABBESSE, CECILE, HORTENSE · texte numérisé non relu

M. DE CLAINVILLE, L'ABBESSE, CECILE, HORTENSE

CECILE , dans les bras Je son père. Mon bon père!... que tu es aimable de venir me voir !

Clainville. Les événemens, ma chère enfant, m'ont laissé peu de loisir à consacrer à mes affections ; en ce moment même, je dois sacrifier un instant le plaisir de causer avec toi à l'accomplissement d'un devoir que j'ai à remplir.

CÉCILE. Des affaires!., tu prends bien ton temps! moi qui voulais te présenter ma bonne amie, mon Hortense.

Clainville. Dans un moment je serai à vous — mais auparavant je dois faire une communication à madame la Supérieure.

(Les deux, jeunes filles se tiennent un moment a l'écart et se promènent sans faire attention. Clainville s'approche de l'ALbesse.) Madame, le motif de ma présence au couvent de

Bouxières n'est pas seulement une visite faite à ma fille, un devoir politique m'amène près de vous : vous ignorez peutêtre encordes événemens qui viennent de se passer dans un monde loin duquel vous vivez ? La suppression des ordres religieux vient d'être décrétée par l'assemblée nationale.

l'abbesse. On m'avait fait déjà pressentir ce coup terrible.

Clainville. J'ai voulu, madame, être porteur moi-même de l'ordre de clôture de votre communauté, afin d'adoucir, autant qu'il est en mon pouvoir,. la rigueur de l'arrêt qui vous frappe. On accorde aux chefs d'établissement le délai d'un mois pour obéir à la loi ; mais le décret exige que les pensionnaires quittent les couvens à l'instant, sous les yeux même des commissaires...

l'abbesse. Que la volonté du ciel s'accomplisse !

clainville. Le gouvernement national, en adoptant des mesures énergiques, a compris la position de ceux que le décret frappait, et des pensions assurent à toutes les religieuses retraitées une existence honorable et paisible.

l'abbesse. Monsieur le général, je remplirai le vœu de la loi.

Elle sort.

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