SCENE XVI
CECILE, HORTENSE, dans le cabinet, ALBERT.
Albert , entrant. Mademoiselle Cécile ,
1BUNE FILLE. 15
mademoiselle Hortense!.. où êtes-vous ?
CÉCILE , dans le rahinet. Ici, mon ami.
ALBERT, à Cécile. Emportez l'or, les pierreries dont vous pourrez vous munir... je
les tiens en respect avec ma carabine
Il faut cinq minutes avant qu'ils aient enfoncé les portes ou escaladé les murs
Pour gagner du temps je vais parlementer. ( // ouvre la croisée du balcon. ) Qui étesvous, citoyens ?
UNE voix. Porteurs d'ordres émanés du comité de salut public. De par la loi, ouvre la porte !
LE peuple. A bas les nobles !
Ai.BEitT. Citoyens ! le propriétaire de ce château combat pour vos libertés dans les rangs des soldats de la nation.
le peuple. La porte! la porte!
Cécile et Hortense reviennent.
ALBERT , à elles deux. Dieu soit loué !.. vous voilà prêtes.
CÉCILE. Albert, ces tigres vont verser ton sang; viens, fuis avec nous.
Albert. J'ai soixante ans, mademoiselle Cécile , je n'ai plus que quelques jours à vivre... ne vous occupez pas de ça... Cette trappe cache une issue qui mène dans les bois... hâtez-vous... entendez-vous leurs cris?... ils nous saluent de leur mousqueterie Partez, partez, et je vais leur répondre.
Il ouvre la trappe, Ce'cile et Hortense disparaissent.
tous. La porte ! la porte !
ALBERT , tirant un coup de carabine. Tenez, vlà la clef... Ah!... ils m'ont atteint. L'escalade commence : on voit les tetes des assaillans paraître au balcon et par les fenêtres.