‹ ThéâtreChapitre 268 sur 846 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, LA COMTESSE D'AKSPACH.

WOLF , chapeau bas , ramenant sur le devant de la scène la Comtesse tout éploréc.

Je vous demande bien pardon , Madame , de vous déranger de votre voyage ; mais les temps sont si durs! Veuillez me faire l'aumône, s'il vous plaît, de votre argent, de vos bagues et autres bijoux . ornemens inutiles à la beauté. Il n'y a nos le moindre danger avec nous. De quoi tièmbîez-vous donc ainsi? de froid, peut-être? nous a\ui^ du feu. Feters, fais chauff tiame. ^

LA COMTESSE , à Wûlf.

Voici ma bourse et mon portefeuille.

WOLF

Je vous remercie. C'est tout ce que vous avez à déclarer, Madame?

la comtesse.

Tout.

WOLF

Ne me volez donc pas ! Tenez, voilà quelque chose qui brille autour do votre bras. (La Comtesse retire brusquement sa main.) Ne nous fâchons pas, pour si peu de chose, encore vos bracelets.

LA COMTESSE, vivement.

Je ne le puis... je n'en ai qu'un... voyez. (Elle montre son autre bras.) Ce bracelet n'a de valeur que pour moi! un bracelet en cheveux, sans or , avec une agrafe de vil prix... qu'y gagneriez-vous ?

WOLF

Donnez toujours.

LA COMTESSE

Non , non , j'y tiens plus qu'à la vie ; tuez-moi plutôt !

WOLF

Quelque souvenir de cœur, sans doute? les besoins des malheureux doivent vous soucier autrement qu'un gage d'amourettes! exécutezvous.

HERMANN

Tu ne sais pas prier ton monde, toi ! fais-moi place. Madame, il nous faut ce bracelet. (Il prend le bras de la Comtesse qui se débat vivement.) LA COMTESSE, entendant les pas d'un cheval sur la route.) Quelqu'un vient! je suis sauvée! Au secours au secours !

HERMANN , lui mettant la main sur la bouche. Pas de mauvaise plaisanterie !

(Il lève son poignard sur elle.) la comtesse , d'une voix étouffée.

Au secours ! au secours !

BURL , qui est allé voir qui venait Continue , Hermann ; c'est le Capitaine. WOLF , ayant reçu le bracelet des mains d'Hermann. Vraiment, il nous a coûté plus de peine qu'il ne vaut! (A part.) Tiens! la couleur de ces cheveux... la forme de cette agrafe... tout cela ressemble à un bracelet que j'ai déjà. S'il était là, les deux feraient la paire.

Page 1