‹ ThéâtreChapitre 280 sur 846 · HERMANN , OSCAR · texte numérisé non relu

HERMANN , OSCAR

HERMANN , s'approchant de la cloison.

Je n'entends plus rien dans sa chambre... Est-ce qu'il serait déjà couché? Non... il marche... patience...

La crédulité de cet homme de police me gagne... vraiment, je suis Frédéric de Muldorf, j'ai des titres!., le passé est passé... la caverne est loin... Wolf, Hermann... j'ai connu ces noms-là il y a long-temps... dans un autre monde. Je renais d'aujourd'hui. Que la ville est belle! qu'elle est riche et grande! quels honneurs, quels trésors elle réserve aux hommes jeunes et entreprenans comme moi! (Montrant des papiers.) Et sans ces papiers, sans ces cautions de probité , j'aurais été arrêté à mon premier pas ici ! Merci c'onc à la forêt de m'avoir donné les clés de la ville... Oh! je l'aurais tué plutôt deux fois pour les posséder...

HERMANN

Ma carrière esl achevée... Encore ce meurtre pour en finir avec le travail, pour assurer une bonne retraite à mes derniers jours. A mon âge, on n'a plus d'illusions, plus d'espérances : vieux déjà, fatigué par plus da trente ans d'exer- e@a Le signalement est Tau? .

te rai le repos par un dernier crime.

oscar.

Ce bruit , cette agitation , cette vie de la cité , me chauffent le sang au cœur. Pense, ma tête! agis, mon bras! mais, ici, le courage devient ruse , le loup se fait renard. Pour enlever la proie à tous ces noirs citadins, il ne faut pas hurler, il ne faut pas montrer les dents. Fi , de la violence et de l'acier ! A la ville , il n'y a pas d'arme plus sûre que la langue.

HERMANN

Après ce coup-là , je quitte les affaires : aux jeunes, le reste! Je vivrai en bourgeois. Vingt mille ilorins, c'est un capital. Je le placerai en viager et je mourrai sur la rente.

(Il se remet devant la cheminée.)

Hier, l'anneau! aujourd'hui, la ville! demain, la grande dame 1 demain, Marguerite d'Anspach! Oh ! l'espérance est belle et l'avenir est long ! Je recommence.

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