‹ ThéâtreChapitre 293 sur 846 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes , FRÉDÉRIC DE WULDORF , richement vêtu.

FRÉDÉRIC , au premier coulissier.

Vous n'avez pas vu à la Bourse le banquier Jordans?

PREMIER COULISSIER

Non , Monsieur , il n'est pas encore arrivé.

FRÉDÉRIC

Dès qu'il paraîtra , dites-lui , je vous prie , que M. de MuUlorf l'attend au parquet.

( Le coulissier s'incline ; Frédéric s'éloigne. )

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Deux COULISSIERS, LA VOIX du Parquet.

premier coulissier, avec mystère.

, Je tiens la déclaration de guerre directement

DEUXIÈME ACTION

du cousin de l'intendant de M. Jordans , qui -^d'Anspach, je Pépie et je le surveille. D'où

Vient-il? comment s'est-il présenté':» le savezvous, vous qui le connaissez? Nul ne le sait. Selon la Comtesse, nous aurions affaire à un jeune seigneur du pays de Bade, où elle l'aurait trouvé de bon secours en un moment de danger, lors de son dernier voyage à la rechercha de notre enfant, (il serre vivement la main de Jordans, qui parait ému. ) Toujours est-il vrai que ce prétendu seigneur badois s'est posé subitement comme un obstacle insurmontable entre la Comtesse et moi. Je suis disgracié, Jordans ! et si je reste encore chez elle à côté de cet homme, c'est à cause de ma lille , que je ne puis laisser seule et sans protecteur dans une maison où il vient tous les jours, où bientôt il demeurera sans doute.

JORDANS.

Vous croyez que la Comtesse...

WEBNEB.

La Comtesse est séduite... Elle a oublié ce qu'elle doit à sa fdle , au souvenir même de son lils. Elle ne songe plus qu'il peut exister au monde un autre Frédéric que ce Frédéric de Muldorf, et jetant là toute allection, toute convenance, elle s'est affichée la protectrice d'uu aventurier; elle le pousse ouvertement; elle l'a fait riche ; elle sollicite pour lui la présidence delà cour de justice criminelle; elle l'aime,enûn.

JORDANS.

Il a rendu de grands services au pays : la mort d'Oscar , la découverte de sa bande , méritaient de grandes récompenses, et Mme d'Ans» pach...

WEBNEB.

Qu'elle l'aime, peu m'importe!.. Vous cornprenez bien qu'à présent la Comtesse et moi nous avons passé l'âge , elle d'exciter la jalousie, moi de la ressentir. Aussi n'est-ce pas l'amour, mal séant aux cheveux gris , qui est blessé en moi et qui se plaint ici : c'est l'amour paternel. Vous savez si j'ai cet amour profondément gravé au cœur ; vous savez mieux que tout autre si j'ai pleuré l'enfant que je vous avais confie , mon ami... et que vous navez pu me rendre !..

JORDANS.

J'entends bien... Mais quel rapport cela peut* il avoir avec la baisse des fonds français ?

la tient de M. de Muldorf, qui la tient lui-même ou ministre en personne. Les Français sont entrés en Allemagne.

DEUXIÈME COUL1SSIER.

Oh! si M. de Muldorf est là-dedans, je te crois. En voilà un qui est toujours bien informé. Depuis qu'il joue ici, il n'a pas perdu une seule

lois: aussi il mène un train par la ville.

PREUIEB COUL1SSIJ K.

On n'est pas pour rien le protégé de la comtesse d'Anspach. On n'a pas de hautes relations pour n'en pas profiter... La moitié de la garnison part ce soir.

LA VOIX DU PARQUET

Quatre-vingt-cinq!

DEUXIÈME COULISSIER

Toujours la baisse !

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