‹ ThéâtreChapitre 294 sur 846 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

JORDANS, YVERNER.

WEBNEB.

Un mot. Avez-vous traité avec M. de Muldorf.

JORDANS.

Pas encore.

Tant mieux.

JORDANS

Je le cherche pour conclure.

WERNER

Et moi je vous cherchais pour vous en empêcher. 11 faut que vous soyez bien mon ami, si je vous dis ce que je veux vous dire.

JORDANS.

J'écoute.

WERNER

Les fonds français baissent, et M. de Muldorf veut acheter ?

JORDANS.

Oui.

WERNER

Connaissez- vous bien cet homme ?

JORDANS.

Si je connais le meilleur juge de la ville ! Certes.

WERNER

Prenez garde... Il a trop de bonheur pour être honnête!

JORDANS.

Quel langage !

Soit dit entre nous : depuis deux ans bientôt

WERNER

Depuis tout à l'heure deux ans que le nom inconnu de Muldorf a été prononcé ici pour la première fois, celui qui le porte est devenu aussi puissant que feu l'honorable comte d'Anspach, car il aura sa place ; aussi riche que vous , banquier Jordans , ses valets sont plus dorés que les vôtres , ses chevaux valent mieux que les vôtres... Que dites - vous d'un avancement si subit ?

JORDANS.

Il a gagné beaucoup à la Bourse.

WERNER

Comment appelez-vous le joueur qui sait de quoi il retournera en proposant des cartes?.. M. de Muldorf n'a jamais éprouvé u. .-ciiec ici. La fortune y met de l'entêtement, co. 'enez-en; elle lui montre une constance qu'elle n'a d'ha-

que cet étranger a mis le pied chez la comtesse «©*• bitude que pour les fripons,.. Si donc il evait

LE PRTC.ANP FT LE PHILOSOPHE.

inventé celle déclaration de guerre pour acheter • i à vil prix...

JOBDANS.

Mon ami Magnus, vous êtes un savant méde- j cin, niais vous n'êtes pas fort spéculateur. La baisse est trop grande pour provenir d'un faux , bruit.

WF.RNER.

Si vous le connaissiez comme moi ! si vous j pouviez, comme moi, lire son âme sur son front ! Long-temps j'ai observé celui qui devait être l'ennemi de ma Allé, puisqu'il était l'amant de la mère : dans la vie de cet homme, il y a du mystère, et dans sa physionomie, du crime. Dès qu'il aura acheté , la rente remontera. Tenezvous pour averti et ne vendez pas! (Il sort.)

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