‹ ThéâtreChapitre 32 sur 846 · LES PRÉCÉDENTS, VOLEURS · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENTS, VOLEURS

PIERRE LEROUX

A qui diable en a-t-il donc ? (se retournant en se voyant cerné ) Ah I mon Dieu !

BEAULIEU, sortant de la maison, suivi et précédé de voleurs.

Vous voyez devant vous un imbécile qui se vante d'arrêter Cartouche.

C'est moi, oui, braves archers, qui viens prendre place parmi vous, augmenter le nombre des défenseurs qui... Enfin, voilà un p'tit mot de monsieur de Saint-Alban.

BEAULIEU, prenant la lettre.

De Saint-Alban!... (aux voleurs.) C'est de Cartouche, (lisant à voix basse.) « Je VOUS livre, pour vos menus plaisirs, un rustre qui veut prendre du service parmi les archers, et qui se flatte de m'arrèter. Accueillez-le de façon à lui faire perdre pour, longtemps l'ardeur martiale dont il se croitanimé. » Pardon, l'ami, si, ne vous connaissant pas, je vous ai si mal reçu d'abord.

PIERRE LEROUX

Le p'tit mot fait son effet.

BEAULIEU

Mais votre tournure.. .

PIERRE LEROUX

N'est pas brillante... c'est vrai. Vous me preniez peut-être pour un des gens de Cartouche...

BEAULIEU

Justement.

PIERRE LEROUX

Avec mon grand sabre et ma canardière?

( Les voleurs s'emparent des armes de Pierre Leroux.) PIERRE LEROUX.

Ah ben ! à propos de gens de Cartouche, tenez-vous sur vos gardes... il y en a un qui m'a accompagnéjusqu'ici,etqui m'a emprunté, sans m'en demander la permission, mon mouchoir et ma montre.

BEAULIEU, aux autres.

C'est la Pince.

PIERRE LEROUX

Ah ! il s'appelle la Pince? .. tâchez donc de le pincer à son tour... Ah t çà, mais, dites donc, je

ne vous vois pas du tout l'uniforme des archers ?

BEAULIEU

C'est le costume du matin, le négligé.

PIERRE LEROUX

Oui, ça m'a tout l'air d'un négligé. Eh ben! voyons, enrôlez -moi. Par quel grade vais-je commencer î

BEAULIEU

Simple archer, d'abord , ensuite nous verrons.

PIERRE LEROUX

Simple archer!... j'aimerais mieux être capitaine; mais si ça ne se peut pas...

BEAULIEU

Non, ça ne se peut pas. Vous allez signer cela.

( Il lui montre un papier.) PIERRE LEROUX.

Qu'est-ce que c'est que ça?

BEAULIEU

Le tableau de la troupe.

PIERRE LEROUX-

Je ne risque rien?...

BEAULIEU

Absolument rien (à part) que d'être pendu.

PIERRE LEROUX

Ah ben! à la bonne heure. (Il signe.) Via que c'est fait... Attendez donc, et ma pataraphe .. là; maintenant rien n'y manque , et je suis des vôtres.

BEAULIEU

Un instant ; il faut avant passer par les épreuves de rigueur.

PIERRE LEROUX

Est-ce que c'est bien de rigueur?

BEAULIEU

Tout-à-fait. Qu'on lui bande les yeux.

PIERRE LEROUX, un bandeau sur les yeux.

Tiens, nous allons donc jouer à collin-maillard ? j'y suis fort, je vous en préviens.

BEAULIEU, bas à un des siens.

Conduisez-le dans une des caves de la ferme, et qu'il y attende que le capitaine ait prononcé sur son sort.

(On s'empare de Pierre Leroux par les pieds et par les bras.)

Eh ben !... qu'est-ce que vous faites donc là?... Je vous en prie, prenez bien garde de me laisser tomber, je suis très délicat.

( On entre Pierre Leroux dans le bâtiment à gauche. Sons de cor )

BEAULIEU

J'entends le signal du retour; c'est notre capitaine.

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