SCÈNE V
CARTOUCHE, DUMÉNIL , BEAULIEU, ALPHON- SINE, MADELON, voleurs.
( Ils sont charges des effets qu'ils ont pillés chez madame de Mérart. On ferme les portes.)
CARTOUCHE
Qu'on dépose le butin de cette nuit dans le magasin ; plus tard je ferai le partage.
BEAULIEU
Capitaine, le paysan que tu nous as adressé a reçu l'accueil qu'il méritait. 11 est maintenant dans une des caves de cette ferme, à ta disposition ; que faut-il en faire?
CARTOUCHE
Je m'occuperai bientôt du sort de monsieur Pierre Leroux ; n'est - ce pas ainsi qu'il se nomme, la grosse fille?
MADELON, qui est arrivée en pleurant.
Oh! oh! oui... hi! hi !
DUMÉNIL-
Veux-tu bien te taire, la belle?
MADELON
Si j'veux pas me taire, moi... ah ! ah!
DUMEML.
Silence, corbleu!... Voilà cependant la musique dont elle nous a régalés tout le long du chemin.
CARTOUCHE, montrant Alphonsine.
Amis, je vous présente ma nouvelle conquête.
ALPHONSINE
Misérable !
CARTOUCHE
Je conçois vos reproches... mais le temps, je n'en doute pas, vous rendra plus traitable.
ALPHONSINE
Ma mère I... ma pauvre mère !...
CARTOUCHE
Elle est perdue pour vous.
ALPHONSINE
Eh quoi I... tu aurais attenté ?...
Pour qui me prenez-vous? Non, elle existe; mais vous ne devez plus espérer la revoir. Votre sort désormais est inséparable du mien.
ALPHONSINE
Ah! plutôt la mort!
CARTOUCHE
Soyez donc raisonnable, je n'aime pas les plaintes ; vous connaissez mes intentions, sachez vous y soumettre. Qu'on fasse venir la vieille Marguerite.
( Un des hommes de Cartouche entre dans la ferme, et revient avec Camille en vieille paysanne.)