‹ ThéâtreChapitre 384 sur 846 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Le vestibule du palais de Westminster. A ganche, l'esca calier qui conduit à la Chambre

SCÈÎSE PREMIÈRE.

OLIVIER et PYM , sur le devant de la scène; le Peuple , au fond et dans la rue.

LE PEUPLE. Vive l'honorable sir Thomas ^ entworth ! vive le parlement .'

PYM. Noblement crié, mon Angleterre!

oh ! je reconnais ta voix juste et puissante. Oui, vive sir Thomas "VV entworth ! vive le parlement !

olivier, s' approchant de Pym. Monsieur ou milord?...

PYM , se retournant. Monsieur, tout bonnement.

olivier. Monsieur?...

pym. Pym, pour vous servir.

Olivier , saluant. Monsieur Pym {Pym s'incline} , pouvez-vous me dire pourquoi ces braves gens s'égosillent ainsi ?

lier qui conduit à la Chambre des lords. A droite , l'esdes communes. Au fond, la rue.

PYM. Voilà une question qui m'étonne de la part d'un Anglais. Vous êtes Anglais, je pense?

olivier. Oui, de par saint Georges! et sans une goutte de sang étranger dans les veines.

pym. Vous n'êtes donc pas de Londres, alors ?

olivier. Non, monsieur; je suis du comté de Huntingdon , où j'ai des biens , et j'y paye plus de huit écus de rente, ce qui me donnerait le droit, aussi bien que tout autre, de siéger au parlement.

pym. Eh bien ! monsieur, ces hommes crient parce qu'ils se réjouissent.

Olivier. Et de quoi se réjouissent-ils?

pym. De ce que ce jour est un jour de triomphe .

olivier. Et pour qui, s'il vous plaît?

MAGASIN THEATRAL

PYM. Pour le peuple, pour vous, pour moi, pour nous tous.

olivier. Oli! moi , je ne suis pas du peuple.

PYM. Hein ?

Olivier. N'importe; je prends grand intérêt à ce qui lui arrive de bon.

PYM. Eh bien ! monsieur , vous saurez loue que les communes ont tant fait, pie le bill des droits est, à l'heure qu'il :st, voté.

OLIVIER. Voté!

PYM. Et signé.

Olivier. Signé !

PYM. Par le roi Charles Ier, qui a écrit au bas, de sa main, la formule d'usage : Soit droit fait comme il est désiré ! et cela en bon fiançais.

olivier. Pour être mieux compris des Anglais, n'est-ce pas ?

PYM. Pour être compris de tout le monde. L'engagement est pris, n'importe en quelle langue il l'a été , rengagement sera tenu. {Faisant un mouvement pour se retirer.) C'est tout ce que vous voulez, savoir ?

OLIVIER, le retenant. Pardon, monsieur, mais qu'est-ce que le bill ?

PYM. Mais vous ne savez donc rien de ce qui se passe ?

OLIVIER. Je ne sais pas même où nous sommes.

PYM. Cela étant, je vous dirai que nous sommes à Westminster ; que voici à ma droite la Chambre des communes, à ma gauche la Chambre des lords... Vous ignorez peut-être aussi ce que c'est que la Chambre des communes et la Chambre des lords ?

OLIVIER. Dites toujours, monsieur! si je ne le sais pas, je l'apprendrai; si je le sais mal, je le saurai mieux. A ous êtes en tout cas excellent à entendre, et si votre complaisance ne se lasse pas...

PYM , s'inclinant. Nullement, monsieur.

Je disais donc qu'il y t en Angleterre deux grands corps qui luttent depuis long-temps, et qui s'essoufflent patiemment , pour savoir lequel des deux terrassera l'autre; l'un, c'est le roi, c'est le prince de Galles, ce sont des lords, c'est toute la cour, c'est tout le pa'ais, c'est l'antechrist, c'est le diable habillé en ministre, c'est Georges Villiers, duc de Buckingam, et cet homme siège là {montrant la Chambre des lords.) L'autre , ce sont les communes, c'est nous, c'est Londres, c'est l'Angleterre, c'est sir Thomas Wentworth, et cet homme siège ici {montrant la Chambre des communes ). Oppression

émancipation, voilà les deux principes.

Buckingham et Wentwot lit. voilà lesdeux nommes. Or , ce Bm-kingham voulait encore hier nous gouverner tout seul et à sa manière. Le roi ne trônait plus que pour la forme, il n'y avait plus de roi ; en revanche, il y avait augmentation d'impôts, les taxes pleuvaient du ciel, et les soldats sortaient de terre pour lever les taxes; derrière les soldats, au besoin, et pour les pousser en avant, il y avait des juges; derrière les juges, des huissiers; nous ne connaissions plus d'autres percepteurs A pus comprenez que cela ne pouvait durer long-temps; aussi l'auti e jour un homme se leva, qui, tout haut et seul au milieu des communes assemblées, entreprit courageusement la défense de nos droits violés ; cet homme c'était le député d'York! c'était Wentworth! il fit adopter le bill des droits qui fut présenté hier à la signature du roi. Charles a refusé d'abord; Buckingham a donné les communes au diable. Aiais il faut de l'argent à Charles, il en faut à Buckingham. La Chambre s'était prononcée : point de bill, point de subsides; aujourd'hui, à midi, le roi a signé le bill.

olivier. Et aujourd'hui, aune heure, la Chambre a voté le subside, n'est-ce pas?

PYM. Vous l'avez dit.

Olivier. Et ces nouveaux droits accordés au peuple, quels sont-ils , monsieur, s'il vous plaît?

PYM. D'abord, aucune taille ou aide ne sera levée par le roi sans le consentement des archevêques, évèques, comtes, barons, chevaliers, bourgeois et autres hommes libres de la communauté de ce royaume.

OLIVIER. [Mais si j'ai ho nue mémoire, monsieur, ce droit du peuple remonte à i\n statut d'Edouard I"". dr tailagio non concedendo ; il a été rendu en 131 4 , je crois, et nous sommes en 1628. Le peuple n'a donc fait que reprendre son bien, et il n'y a point là matière à si grande fête. Après ?

PYM, avec moins d'enthousijjsme. Après, monsieur, après ! 11 «st. établi par l'article 12 que tout emprisonnement, ou exil, ou pis encore, ne pourra être appliqué à aucun bourgeois ou Jeanine libre sans !e jugement des paiis, ou la loi du pays.

olivier. Diable ! ceci est une laveur grande. Aussi y a-t-il quelque part deux cent soixante-treize ans que des remerciemens publics lurent volés au roi Edouard III par la ville de Londres, pour une laveur semblable reconnue par l'art. 16 ou 17 de la Grande Charte des libertés. Si c'était

CR0MWELL.

là le motif des cris que j'entendais tout-àl'heure, vous conviendrez, monsieur, qu'd m'était bien permis d'ignorer ce grand secret de la joie publique, et de m'informer un peu avant d'y prendre part. Mais sans doute votif bill contient encore d'autre, franchises ?

PYM. Oui , certes ! monsieur.

olivier. Voyons.

PYM. Il y a un article par lequel le roi s'engage à retirer de chez les particuliers les soldats et matelots qui y étaient logés, à abolir et annuler les commissions martiales, quant à présent et à toujours : et à toujours, entendez-vous?

OLIVIER. Oui, oui, j'entends. Mais pourriez-vous me dire en vertu de quel article delà Grande Charte, le roi Charles Ier pourrait forcer les hommes libres et les bourgeois de ce royaume de loger son armée, et quel statut des constitutions anglaises autorisait rétablissement des commissions martiales? Vous êtes...

PYM. Avocat , monsieur.

Olimer. Eu ce cas, vous devez mieux connaître que moi, qui ne suis qu'un simple particulier , les lois qui régissent la Grande-Bretagne. Parlez, monsieur, je vous écoute.

PYM, s'éloignunl de lui. Hein ! quel est donc ce provincial qui ne sait rien et qui sait tout? ce gentilhomme lettre comme un théologien, ce théologien légistecomme un avocat? est-il whig ou tory? est-il l'ami de Wehtworth ou de Buckingham?

OLIVIER, prvehant. Ainsi, voiià

les droits qui vous ont été concédés aujourd'hui par li roi Charles! Voulez-vous que je vous dise maintenant quels sont ceux qu'il se réserve ? Il a le droit de pourvoir aux pi. nés et offices d'amiral , de grand-chancelier et de grand-trésorier; il a le droit de créer les pairs qui ne peuvent siéger à la Chambre qu'après lui avoir prêté le serment de fidélité; il a le droit de nommer les juges du royaume et les lieuteuans de la province, qui ne peuvent exercer leur charge qu'en sou nom et sous l'autorité de son sceau ; il a le droit de déclarer la guerre et de faire la paix , d'armer des flotte s et de les pousser en mer, de h ver «lis armées et de les mettre en campagne; il peut plier et déplier la bannière de saint Georges, qui est celle de l'Angleterre et non la sienne; il peut ouvrir et fermer les port< S lies loi Un ssi 9 et des citadelles, en augmenter ou en diminuer les garnisons; eu6n, il a le droit d'arracher le glaive d< s mains de la justice, puisque la loi condamne en vain lors-

que c est le bon plaisir du loi de f:i ire grâce. Allons , monsieur, voilà su Thomas V\ entwortb qui se rend à la chambre, criez vioat haut et fort, et remerciez- le bien de ce qu'il a fait pour nous, car c'est un tribun magnifique , et qui nous a obtenu de merveilleuses libertés.

PYM , rêcew ■ Voilà , sur mon honneur, un homme bien é range.

i.t: PEUPLE. Vive sir Thomas "Weulworth ! Place! place au tribun!... Vive le député des communes! vive le défenseur de nos droits ....

SCkSE il.

Sut THOMAS WENTWORTfida/M; ou tour de lui le Peuple, aux deux, côtés du théâtre et sur le devant de la <crne, OLIVIER et PYM.

TOUS, excepté Olivier et Pym. A ive Wentworth !

WENTWORTH. Mes ;unis , vous vous trompez ; c'est vive le roi qu'il faut dire ; c'est au roi que vous devez tout ; votre député n'a fait que son devoir, criez:

^, ive le roi !

(Silence.

PYM. à par!. ^ ive le roi... qu'est cela? raille- 1- il ?

Mnrmures dans la foule Wentworth monte les décrits île la Chambre, et I it signe de la main qu'il a quelque chose à dire.

OLIVIER. Votre député va parler, messieurs ; écoulez donc.

VOIX DAXS la Fut LE. Ecoutez '. écoutez !

l'vrn regarde (limer avec étoam ment.) WENTWORTH, du liant de I Anglai . vos libertés étaient hiei défi ndu< . ji les d . ndrais

enc< ie si Buckingl amosaù porter la sur la Grande Chai te 'i \ ngh lerj ; i cela n'est pas à naindre : aujourd'hui, plus de bai i ièr< i ■ ;i e h roi et .. OUVIE&. \ ous enteiidi z ? plus rièie i niie h luiii hafi a , /.•..

pym. Le i sujets !

oi.iv ier. ('et homrm parle I

WENTWORTH. J.e biil de VOS ilmil- • :

signe, toute L'Angleterre bat des mai*, le pays est COnteni : il n'y a quiti.ii n \ a qu'à Wesluùnstei qu'on se pi. un! encore et qu'on mui mure !

OLIVIER. Ah ! l'on miin 8.

wiMv.titini. (.\st la Chambra des cou inunes qui se plaint et qui on communi , Ks commuiMH tou-

jours. Au lu n de 1 1 c« voir bu m bien (t un genou en terre, comme elles ledoi-

MAGASIN THEATRA.L

vent, le magnifique présent que la royauté vient de leur faire , savez-vous ce qu'elles prétendent maintenant? faire arrêter le duc de Buckingham. Certes, je liais ce Buckinghain ; mais je liais aussi les ingrats, et nous le serions tous si nous jetions une insulte à la couronne en échange de la loi qu'elle nous a donnée, un affront pour une grâce! cela ne sera pas. Je siège aux communes , au milieu des députés du peuple ! et c'est sur mon honneur de député du peuple que je vous garantis les loyales intentions du roi ! Maintenant, qu'on arrête lord Buckingham ! je le protégerai contre le massier de la Chambre, moi, sir Thomas Wentworth . qui suis l'adversaire du duc et non son ennemi.

Je le protégerai, s'il le faut, contre la sédition armée, car ce n'est plus le peuple à ce qu'il paraît, c'est le roi qu'il faut défendre. A présent que les droits de l'Angleterre sont garantis, on commence à attaquer ceux du trône; messieurs, soyons en aide au trône comme nous avons été en aide à l'Angleterre ! dès ce moment mon rôle change : Anglais, j'entre au parlement non plus comme orateur du peuple, mais comme sujet obéissant du roi.

/Wentworth entre dans la salle des se'ances au milieu des murmures de la foule. )

OLIVIER, s' approchant de Pym. Ne me disiez-vous pas, monsieur, que ce Wentworth parlait bien ?

PYM, amèrement. Oui, très-bien. Mais vous venez de l'entendre ; qu'en dites-vous.

OLIVIER. Je partage votre avis; c'est un grand orateur ! je n'attendais pas tant de lui.

PYM. Ni moi non plus, je l'avoue.

OLIVIER. Il m'a étonné.

PYM. Je le crois.

olivier. C'est comme vous l'avez dit, un grand tribun.

PYM. Je n'ai pas dit cela.

olivier. Pardon , monsieur , et vous m'avez vanté son éloquence...

PYM. Une éloquence des plus ordinaires.

OLIVIEH. Avez-vous remarqué avec quelle chaleur il a parlé des droits...

PYM. Du peuple?

OLIVIER. Non, du roi.

PYM. Opprobre sur cet homme! il est acheté.

OLIVIER. Je crois que vous êtes dans l'erreur ; il n'en est encore qu'à faire son prix ; il est à vendre.

PYM. Et à qui croyez-vous qu'il appartienne bientôt ? au peuple ou au roi ?

OLIVIER. A celui qui le nommera ministre

PYM. Mais le roi seul peut le nommer.

olivier. Eh bien ! alors il se vendra au roi.

PYM. Eli bien! alors malheur à Wentworth ! malheur à Charles!

olivier. Silence ! voilà sa gracieuse majesté.

PYM. La connaissez-vous, monsieui ?

olivier. Je lui ai été présenté par sa grâce, lord Buckingham.

PYM. Ah! il parait que vous êtes l'ami de sa grâce?

olivier. Je ne suis l'ami de personne, monsieur.

UN HUISSIER , descendant l'escalier de la Chambre ds lo'ds. Place au roi? {A un gentilhomme tout poudreux et tout botté nu'il remontre sur l'escalier.) Place donc!

LE gentilhomme. II faut que je parle à sa majesté.

l 'huissier. Qui ètes-vous?

LE gentilhomme. Sir Thomas Lokart , baron.

l'huissieb , passant. Vous avez droit.

OLIVIER , à Pym. C'est juste ; tout noble a le droit de parler au roi partout où il le rencontre , pourvu qu'il lui parle un genou en terre et la tète découverte.

l'huissier, continuant. Place, messieurs, place!

ee©©©9©e©to«s&89©s©©a©fe s@&@@ss@£®see@eœeeee

SCEWL III.

Les Précédens , CHARLES , BUCKIN- GHAM , les Lords.

CHARLES , appuyé sur le bras de Buckingham. Sois tranquille, Yilliers, sois tranquille; si l'on crie trop fort contre toi et qu'il me soit impossible de te garder en Angleterre comme ministre, je te renverrai en France comme ambassadeur. Que dis-tu de cet exil , mauvais sujet?

BUCKINGHAM. Que vous me mettriez à la porte de l'enfer et m'ouvririez celle du paradis, sire, et que si ce n était le chagrin de vous quitter, je solliciterais à genoux une pareille disgrâce.

CnARLES. Il t'arrivera mal, Buckingham , il t'arrivera mal , prends garde à toi.

LE GENTILHOMME , la tête découverte et un genou en terre. Sire!

CHARLES, tressaillant. Qu'est-ce, mon maître? et que nie voulez-vous?

le gentilhomme. J'arrive à l'instant du Devonshire.

CnARLES, le. regardantde la tête aux pieds. Cela se voit de reste, monsieur.

LE GENTILHOMME. Oui , sire, regardezmoi ; je suis tout botté , couvert de poussière et de boue, n'est-ce pas ? c'est que

CROMWEI.L.

j'ai traversé toute l'Angleterre .m galop boui tu- pas perdre un instant ; cat il n'y avait i'as un instant à perdre.

on unis. Il s'agit de choses urgentes, a ce qu'il parait, mon gentilhomme ?

lk gentilhomme. Oui. urgentes et saintes, car il s'agit de votre honneur, sire, le la dignité de la couronne , du maintien in triple droit que vous ave/ uni du ciel : droit divin , droit naturel , droit positif.

CHARLES. Et puis-je savoir qui prend un si grand soin de mon honneur, de la dignité de ma couronne et du maintien de mes droits?

LE gentilhomme. Votre noblesse du Devonshire dont je suis le député, sire ; elle vous conjure, la tète découverte comme elle le doit , à genoux comme je le suis, et par ma voix, qui est celle d'un suppliant ; elle vous conjure au nom des rois de l'Angleterre qui furent vos aïeux , au nom des rois de l'Europe qui sont vos frères, elle vous conjure de maintenir vos droits , qui sont les siens , de ne point céder à la violence qu'on veut vous faire, de repousser le bill que l'on vous propose.

CHARLES. Je suis bien reconnaissant à ma noblesse du Devonshire , de la sollicitude qu'elle prend de mon honneur et du sien; mais quelque diligence qu'ait faite son député, il arrive trop tard.

LE gentilhomme. Que dites- vous , sire?

CHARLES. Je dis que le bill est signé.

LE GENTILHOMME. Oh ! vous n'avez pas fait une telle chose ! cela ne peut pas être , cela n'est pas! dites que vous vous raillez d'un pauvre gentilhomme.

Charles. Eh ! monsieur , je ne raille jamais, et moins dans ce moment-ci que dans tout autre.

le gentilhomme. Mais le sceau de la Chancellerie n'y est point encore apposé ; il n'est point encore sorti de vos mains; vous pouvez encore reprendre votre signature royale , déchirer le parchemin maudit, en jeter les morceaux au vent ou à la flamme , les disperser ouïes anéantir?...

CHARLES. Oui, monsieur : si vous voulez vous charger de l'aller reprendre au {nésident de la Chambre basse, qui en fait ecture aux communes maintenant.

LE GENTILHOMME , se relevant et se couvrant. C'est bien, tout est dit.

CHARLES. Que faites-vous, monsieur?

LE GENTILHOMME. Vous le voyez.

CHARLES. Oubliez- vous que nous sommes ici en Angleterre et non en Espagne , et qu'il n'y a dans les trois royaumes que sir Henry Howard , comte de Surrey , qui ait le droit de se couvrir devant nous?

LE GENTILHOMME. Aussi suîs-je reste' à genoux et la tête découverte, tant que j'ai cru parler au roi.

chari.ks. Et à qui croyez-vous donc parler maintenant ?

le gentilhomme. Le roi est celui qui ordonne et non celui qui obéit ; il n'y a plus en Angleterre d'autre roi que le peuple ; vienne le président de la Chambre des communes et je me découvrirai devant lui, mais devant lui seul !

cnARLES. C'est ce que nous allons voir. ( Faisan/ un pas. ) Chapeau bas , mon gentilhomme! {Faisant encore un pas.) Chapeau bas, monsieur! Chapeau bas, drôle!

(11 fait sauter le chapeau du gentilhomme.)

l'hlissieu de service appelant. Ces carrosses de sa majesté!

buckingiiam , suioont le roi et passant devant le gentilhomme. Maintenant vous pouvez remettre votre chapeau, mon gentilhomme ; le roi est passé.

LE gentilhomme. Merci, milord; mais je viens défaire un vœu.

BLCKINGHAM , se retournant. Et lequel, s'il vous plaît ?

LE GENTILHOMME. Celui dene mecouvrir que devant le cadavre de Charles Stuart.

BUCK.INGHAM. Votre action était d'un insensé, monsieur; votre menace est d'un rehelle. Au nom du roi, je vous ordonne de quitter l'Angleterre.

le gentilhomme. Dites à Charles de prier Dieu que je n'y rentre jamais.

bucringii \M. Monsieur le capitaine des gardes , vous êtes chargé de l'exécution de cet ordre. Venez, milords , on nousattend à "White-Hall , venez.

(Buckinsham sort par la porte du fond. Le capitaine

des gardes entraîne le gentilhomme par une porte

latérale. On entend l'huissier crier : Les équipages

de sa grâce tord Buckingiiam.}

PYM, se rapprochant d'Olivier. Eh bien!

monsieur, que dites-vous de tout ceci?

Olivier. Que c'est un spectacle fort curieux, en vérité, pour un observateur. Vous avez raison, les partis se sont faits hommes.

L'nviSSlEix, rese/tant et s'a dressant à Pym. Sir Thomas Wéntworth , s'il vous plaît?

PYM, à part. Ln message aux armes du roi!. (Haut.)Quelm voulez-vous, mon ami?

l'huissier. Cette lettre...

PTM , la lui prenant des mains. C'est bien , je vais la lui rendre moi-même.

l'huissier. Monsieur, s'il vous plaît.

PYM, ren contrant au haut de l'escalier sir Thomas Wentivorth qui sort delà chambre. Sir Thomas Wéntworth ! voici pour vous.

wéntworth. Merci , monsieur; rnaiî comment ce papier se trouve-t-il entre vos mains?

MAGASIN THEATRAL

PYM. C'est que je l'ai arrache ae celles de l'huissier qui devait vous le remettre.

WEIVTWORTH. Et pourquoi avez-vous fait cela?

Pïm. Pour savoir avant personne ici combiend'orpèseuneconscience connue ta vôtre, et si Charles Ier a fait les choses en roi.

WENTWORTH. Je me souviendrai quelque jour de ce que vous dites, monsieur.

PYM. L'Angleterre n'oubliera pas ce que vous faites.

WENTWORTH , après avoir ht. Je cesse, messieurs, d'être membre de la Chambre des communes. Je ne siégerai plus parmi vous. {Murmures d'étunuenient. ) Le roi , notre gracieux souverain, nie erre baron de Wentworth , de Newmai sb et d'Oversly.

ELLIOT , à Dudley. Eh bien ! sir Dudley , qu'en dites-vous?

DUDLEY. En grand scandale !

SELDEN. Une grande honte.

ELLIOT. Trois dignitéspouruneapostasie.

WENTWORTH, voulant parler. Anglais .. ..

PYM , le dominant de trois marches. Oh ! taisez-vous , monsieur , nous savons que vous parlez bien. Ecoutez plutôt un avertissement ; à la cour où vous allez , pays de dorures et de mensonges , personne ne vous le donnera. Hier vous aviez le peuple à vous, c'était votre ami ; aujourd'hui vous avez le peuple contre vous, c'est votre adversaire. A vous deux maintenant, et voyons quel lutteur terrassera l'autre ; voyons qui aura le plus d'haleineetle plusde force. Je regarderai pendant ce temps, je vous surveillerai, milord! oui, je vous le jure ; et ci oyez-en ma parole : à dater de ce jour l'undenous deux appartient à l'autre ! ma i ch ez à \A h i te- Hall, milord! je vous attends ici! je vous attends à Westminster!

\v ENTWORTH . Mais c'est un défi , j e crois .

PYM. C'est un duel.

wentworth. Fixez l'époque.

PYM. Je vous la dirai le jour où la Chambredes communes sera érigée en cour de justice.

WENWORTH , riant. Yoilà un délai bien vague.

PYM. C'est qu'il estdiffieile de préciser le temps qu'il faut pour bâtir un solide échajaud sur la place de Tower-Hill.

wentworth. Ah ! nous aurons un échafaud?

PYM. J'ai dit, milord.

WENTWORTH. Merci de la prédiction, quoique je ne croie pas aux sorciers; en

tout cas, mon!ieui , que la lice soit un champ clos ou un: iblique j que

le peuple soit voue témoin, ou le bourreau voire second , VOUS nie trouverez toujours prêt, pour ta défense du roi , à offrir ma poitrine à l'épée , ou ma tête a la hache. Serviteur, messieurs.

l'YM . regardant le peuple uni le suit. C'est cela, sors au milieu (in silence , loi qui es entré au milieu I - >> -.vos de tout cepeuple. ! ion cortège mainivnantesteowpfwédes mêmes hommes, mais non plus des mêmes cœurs.- Les bouches qui se sont fermées après les acclamations ne se rouvriront plus que pour les menaces. Malheur à loi ! malheur.^// descend et t encontre Olivier au bas de l'est alier.)Yousè\.esem oie ici, monsieur?

OLIVIER. Oui, j'ai voulu voir le premier acte du drame dont vous avez prédit le dénouement.

PÏM. Et croyez-vous que je me sois trompé?'

OLIVIER. Sur un point.

PYM. Lequel?

Olivier. Nous avez dit, n'est-ce pas, qu'il y aurait un échafaud?...

PVM. Je l'ai dit.

Olivier. Eh bien.' c'est là que vous

avez commis Tel reur. .. H y en aura deux.

(Olivier lait quelque;, pas pour sortir.)

PYM, le rappelant. .Monsieur, vous m'avez dit, je crois, que vous arriviez ce matin Si vous n avez nulle hôtellerie à Londres , je vous prie de considérer ma maison comme la voue.

Olivier. Je vous rends grâces, monsieur. Je suis arrivé ce matin, il est vrai; mais dans une heure je repars.

PYM. Et vous vous rendez?...

olivier. Au pori.

PYM. A ous vous embarquez?

OLIVIER. Pour la Erance.

PYM. Seul?

OLIVIER. Avec un de mes amis, sir RobeHCutler, qui va chercher une femme sur le continent ; une femme nommée Sara Mursel.

PYM. Et vous?

olivier. Moi, j'y vais chercher un homme.

PYM. Que VOUS appelez?...

OUVIER. Armand Duplessis , cardinal de Richelieu.

PYM. Adieu.

OLIVIER. Au revoir. {Ils se séparent.)

ris du ir.oi.OGLC.

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