LES MÊMES, EUGENE, DEUX ARCHERS
EUGÈNE
Tout sourit à nos vœux, madame; la ferme est investie ; il ne peut nous échapper.
CAMILLE, à Charles.
Tu l'entends ?
CHARLES
Malheureux !
CAMILLE, à Charles.
Eh bien ! dois -je vivre ou mourir?...
CHARLES
Camille!...
CAMILLE
Réponds.
CHARLES
Ah! que je n'aie pas ta mort à me reprocher!
CAMILLE
Je te comprends, (à Eugène) Ne le quittez pas; je redoute encore sa faiblesse.
EUGÈNE
Mais Alphonsine. ou est-elle? Vous m'aviez promis de briser ses fers.
CAMILLE
,1e veille sur elle. Enfermée avec soin dans une des chambres de la ferme, dont j'ai seule la clef, on ne peut sans moi pénétrer jusqu'à elle, .le réponds de ses jours. ..Le moindre bruit attirerait ces misérables... vouloir la sauver en ce moment, ce serait l'exposer; hâtez-vous donc de partir, de donner le signal du combat.
EUGÈNE
J'obéis, (aux archers.) Vous connaissez votre consigne ?
PREMIER ARCHER
Mais, capitaine, si l'on nous attaque, nous ne sommes pas en force.
EUGÈNE
Soyez sans crainte ; je ne tarderai pas à vous secourir, (à Charles.) Venez maintenant; un seul désir doit nous animer : c'est la mort de notre ennemi commun, du fléau de notre patrie !
CAMILLE
Je vais guider vos pas.
CHARLES, à part.
Cruelle situation!... Que dois-je faire ?... 0 mon Dieu! inspire-moi!...
( Ils entraînent Charles et sortent par la porle de la fermée
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