SCÈNE XV
LES DEUX ARCHERS, CARTOUCHE, paraissant a la porte de la ferme.
Deux archers! Nous allons nous amuser.
PREMIER ARCHER
Elle est aimable, la consigne du capitaine : espionner Cartouche!
DEUXIÈME ARCHER
Que veux-tu ? il le faut bien, puisque c'est le seul moyen de s'emparer de sa personne.
CARTOUCHE, à part.
Braves archers, vous ne me tenez pas encore.
PREMIER ARCHER
La ferme est bien entourée... nos camarades occupent toutes les routes... il sera bien fin cette fois s'il nous échappe.
CARTOUCHE, à part.
C'est mon affaire.
DEUXIÈME ARCHER
Ajoute que son signalement, répandu avec profusion , augmente de beaucoup le danger qu'il court.
CARTOUCHE, à part.
Mon signalement !
( Les deux archers sont assise PREMIER ARCHER.
Bah! son signalement!... C'e6t encore là un pauvre moyen ; celui de la veille n'est jamais celui du lendemain.
C'est possible.
DEUXIÈME ARCHER, tenant un papier.
La dernière fois qu'il a été aperçu à l'Opéra, voilà comme il était vêtu : (il lit.) Habit jaune... cheveux courts et de larges moustaches...
CARTOUCHE
Un petit instant... je suis à vous.
( Il disparaît un instant.) DEUXIÈME ARCHER, montrant le papier au premier.
C'est bien cela, n'est-ce pas ?
PREMIER ARCHER, regardant.
Oui... oui... habit jaune... moustaches... Ah! tu as bien lu...
CARTOUCHE, reparaissant en charron.
Je peux me montrer, maintenant.
PREMIEU ARCHER.
Moi, j'ai dans ma poche un signalement tout différent.
CARTOUCHE, s'arrêtant.
Hein ! que dit-il?
PREMIER ARCHER
C'est à la foire Saint-Laurent qu'on l'a vu sous
cet autre costume, (lisant un signalement qui se trouve être relui que Cartouche vient de prendre.) Des
sabots...