‹ ThéâtreChapitre 407 sur 846 · LE DEC DE GLOCESTER. VOUS · texte numérisé non relu

LE DEC DE GLOCESTER. VOUS

Chaules, mettant un genou en terre pour s'approcher de l'oreille de son fils. Oui , un crime pour lequel il n'y a pas d'expiation en ce inonde , et que la miséricorde divine peut seule me pardonner dans l'autre. J'avais un ministre' brave , fidèle, dévoué; il m'aimait comme jamais ministre n'a aimé son roi... Ces mêmes hommes qui demandent aujourd'hui ma tête , me demandèrent un jour la sienne... J'avais le droit de grâce... droit sacré, que j'avais reçu de Dieu , et que les hommes ne pouvaient pas m'ôter. . j'y renonçai, mon enfant! et la tête de cet ami loyal... tomba... là... sur ce billot... où va tomber la mienne!

LE DEC DE GLOCESTER. Oh !

CHARLES. N'est - ce pas que c'est un crime, et un crime horrible?... Aussi, mon enfant, toi qui es jeune , toi qui n'as encore commis ni erreurs, ni fautes, ni crimes; toi qui es pur devant Dieu comme un de ses anges, il faut que tu me jures une chose

LE DUC DE GLOCESTER. Laquelle?

Charles. C'est que chaque matin et chaque soir, après avoir prié pour l'Angleterre , pour la reine et pour le prince de Galles, ton aîné et ton roi , tu ajouteras du plus profond de ton ame : «Mon Dieu!

» Seigneur ! pardonnez à mon père d'avoii » abandonné Straffort! »

le duc de glocester. Je vous le jure.

CHARLES, le serrant dans ses bras. Silence! ils viennent te chercher!

LE COLONEL THOMLINSON, de la porte.

Sa grâce le duc de Glocester!

Charles. Tu ne l'oublieras pas ?

le duc de glocester. Non , non]

uurles. Adieti , mon enfant, adieu.

(// le prend dans ses bras , Pembruss mt toif hùrSy elle porte jusqu'au colonel. Tenez, le

voilà !

i i im C t>r GLOC1 si ru Mou père!... i u \r,i i.s Adieu ! adieu !

rrhomlinson emporte le doc de Glocester. )

SCÊJSf, 11.

CHARLES, stujt. Ali! enfin me voilà seul en lace de la ni.nl... seul et libre... car la mort, c'est la

libellé! On m'accuse d'être un tyran

vienne maintenant mon peuple tendre devant Dieu ses mains 'meurtries... je lui montrerai mon cou sanglant. Qui 'il m'accuse de despotisme, moi je l'accuserai de meurtre ! et nous verrons lequel de nous

deux obtiendra l'absolution divine!

O Shakspeare! tu l'as dit le jour où Hamlet, ce sublime sceptique!) interrogeait la tombe paternelle... Mourir! dormir!...

oui, s'est la même chose ; seulementc'est un sommeil pendant lequel nous voyons Dieu et entendons les anges ! dormons donc.ee dernier repos sera un essai de mort. D'ailleurs, j'ai besoin de ce repos poui rester homme sur l'échafaud , et m 'agenouiller en roi devant la bâche... Donnons comme je dormirais la veille d'une, bataille, où je serais sûr de succomber... comme je dormirais la veille d'un duel sans merci ni miséricorde! dormons! Je suis soldat, je suis chevalier.:. Ce n'est point si difficile de mourir. .. dormons. Oh ! si j'allais rêver de la reine!., si j'allais rêver de mes enfans... ah!..

(Ou eu te ad dans le lointain nue chanson d'ouvriers sur un aii très-gai. Elle se rapproche de la croicee .1 mesure que celui qui la chante monte à l'echeile.)

Amène-moi, beau page Au bas de ce perron, Mou équipage De baron.

Je veux, par saint Etienne!

Je veux mon destrier, Et qu'on me tienne l'ctiier! {On entend des coups de marteau. Les ouvriers reprennent en cliœur :) L'ctiier !

Page 1