‹ ThéâtreChapitre 406 sur 846 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

CHARLES, assis; Le jeune Dec de GLO- CESTER ; à genoux devant lui sur un coussin armorie.

CHARLES, <nibi assaut la tète de son fils qu'il tient a deux mains. Ecoute - moi , mon enfant, et grave bien les paroles que je vais te dire dans le plus profond de ton cœur; car ce sont les dernières que tu entendras sortir de la bouche de ton père. (Le duc de Glocester jette ses bras autour du cou de Charles.) Ils m'ont condamné , mon enfant! ils vont me traneber la tête sur un échafaud. .. comme ils feraient à un meurtrier!

LEDUC DE GLOCESTER. Mon père!

Charles. Il se peut qu'après ma mort tu sois un instrument entre leurs mains... il se peut qu'ds veuillent te mettre sur le trône , et profiter de ta faiblesse pour arracher de toi ce qu'ils appellent la ratification de leurs droits... N'oublie pas, mon enfant, que l'héritier légitime de la couronne, après moi, c'est ton frère aîné, le prince de Galles... et s'ils veulent te couronner à sa place...

le DEC de glocester. Jamais ! mon père , jamais ! plutôt mourir !

Charles. Bien, bien, mon enfant.. Je leur pardonne tout à ces hommes , puisqu'ds ont permis que je te revisse... Mon enfant, mon enfant chéri ! que tu es beau et que je t'aime!... Oh ! pourquoi donc suis-je né roi!... pourquoi Dieu ne m'a-t-il pas jeté dans quelque chaumière avec de pareils enfans et le même cœur pour les aimer ! Regarde-moi... encore!... oui, comme cela. [Il l'embrasse au front.) Après ma mort, il m'ont promis de te renvoyer en France... Là, tu trouveras la reine... ton frère, le prince de Galles, tu leur diras... (sa voix s'altère) tu leur diras, mon enfant... (pleurant) tu leur diras que j'ai

pleuré en parlant d'eux , et que ce sont les seules larmes que j'ai versées. Voilà tout ce que tu auras à leur dire , et ils sauront

que ma douleur était immense ! Oh!

mon Dieu! mon Dieu !

LE DUC DE GLOCESTER, se levant. Oh!

mon père ! mon père!

'^On n'entend un instant :pie des baisers et des sanglots )

Charles. Maintenant, mon enfant, il me reste une dernière chose à te dire... une dernière recommandation à te donner., une dernière prière à te faire...

LE DEC DE GLOCESTER. A moi !

Charles. Oui, à toi écoute. J'ai

régné vingt-quatre ans , et, dans ce long espace de temps, peut-être suis-je tombé dans bien des erreurs... peut-être ai-je fai' bien des fautes! Ces erreurs et ces fautes , je vais les expier... Mais ce n'est pas tout , mon fils!., j'ai commis un crime!

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