‹ ThéâtreChapitre 431 sur 846 · DOLF.T · texte numérisé non relu

DOLF.T

La presse est un flambeau qui brûle la main qui veut l'éteindre.

l'iiussier.

Silence!..

LE ROI

La cause est entendue... Aux conclusions , s'il vous plaît !

MOBIN, très vite,

D'après le témoignage du sieur Bonvivant, cabarctier aux Trois-Couronnes, et autres preuves résultant de l'instruction des débats , concluons contre Etienne Doret à la peine de mort ; concluons contre Jehan Calvin au bannissement perpétuel du royaume; concluons contre Ambroise Paré , Clément Marot , Féron et Parvi à l'exil de Paris , Ambroise Paré excepté , à cause de son service auprès de la santé royale, lequel Ambroise Paré restera pendant un an sous la surveillance de la police du royaume ; concluons en outre contre tous les accusés ensemble et solidairement à une amende de dix mille écus d'or, et aux frais du procès.

M A ROT

Messeigneurs , bons juges, daignez nous entendre.

l'huissier.

Silence !

(Les juges se lèvent et opinent en rond.) MAROT.

Interdire la défense au.r accusés !.. Foilà une monstrueuse justice !

uoLi'.r.

François 1er va me condamner au feu pour un papier imprimé... et ils appelleront ce roi le restaurateur des lettres! (Les juges se rasseyent.)

MAROT, à part.

Déjà délibéré!.. C'est fait de nous!.. (Haut.) Nous protestons formellement... c'est épouvantable!..

l'hiissier.

Silence !

MOBIN.

Gardes, faites sortir cet accusé !..

(L'Officier s'avance vers Marot qui se tait et s'asseoit.) LE ROI , se levant, et lisant très vite.

Sur le rapport et les conclusions du lieutenant criminel, le tribunal, après en avoir mûrement délibéré, condamne unanimement Etienne Dolet à être brûlé vif; Jehan Calvin, au bannissement perpétuel du royaume; Marot, Féron et Parvi, à l'exil de Paris; Ambroise Paré à rester une année sous la surveillance de la police dans Paris même... Le lieutenant criminel est chargé de l'exécution des sentences.

MOBIN.

Qu'on emmène les accusés!

(Les accusés sortent.) LE ROI.

Est-ce tout ?

MOBIN.

Ce n'est pas fini, sire, il y en a encore un.

LE ROI

Expédions-le vite, pendant que nous y sommes.

MOBIN.

Un , qui brise tout dans sa prison... il a fallu l'enchaîner, il ne répond à aucune question... il n'a pas seulement voulu dire son nom... lien veut sans doute à la personne même de votre majesté, car il prétend qu'il n'a alfaire qu'à vous seul.

LE ROI , à l'huissier.

Eh bien ! introduisez-le !

MOBIN.

Je le crois fou...

LE ROI

Il nous divertira!

FURSTEMRERG, au roi.

Dépèchons-nous, sire!

LE ROI

Oui, la nuit est avancée déjà... la salle s'il lu mine pour la fête.

(Un voit, au fond du théâtre, resplendir des feux aux

fenêtres du palais opposé au Palais-de-Justicc.)

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